Le Nucléaire civil, ou le patchwork industriel français
Que le contrat de construction de quatre réacteurs nucléaires à Abu Dhabi ait été remporté par le coréen Kepco, le 27 décembre 2009, constitue un revers cinglant pour le consortium énergétique français dirigé par Areva (avec GDF Suez, Total et EDF). Pour remédier à la faiblesse de la force de frappe de ces entreprises, certains observateurs prônent des rapprochements avec d’autres groupes européens. Leur idée est qu’une alliance avec l’allemand Siemens, notamment par le soutien concerté d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, aurait favorisé l’offre européenne. Mais sachant que Siemens a annoncé, il y a quelques mois, qu’il souhaitait se séparer de ses actions dans la filiale Areva NP (34% des parts, le reste appartenant à Areva), responsable de la conception et de la production des centrales nucléaires, un tel arrangement serait tout à fait incongru. Le secteur nucléaire français n’a pas besoin de sceller des amitiés, son développement est avant tout freiné par des problèmes d’organisation
Il y a trois mois, M. Proglio, nouveau président d’EDF, préconisait la réorganisation de cette branche sous la domination d’EDF, où Areva ne serait qu’un “sous-traitant important“. Il est vrai qu’avoir deux firmes, de la même nationalité, construisant le même modèle de réacteur (nommé EPR), et en compétition, n’a pas grand sens. EDF, déjà très endetté, a acquis l’an dernier British Energy et compte relancer le nucléaire Outre-Manche. Areva dispose d’une implantation mondiale : sept projets à l’étude aux Etats-Unis, le plus gros contrat de l’histoire du nucléaire civil avec la Chine, une présence en Inde, etc. En tout, un carnet de commande blindé (environ 50 milliards d’euros). Aujourd’hui cependant, elle est incapable de mener à bien ses deux uniques chantiers en cours (en France ; et en Finlande, où une centrale prévue à 3 milliards d’euros en est déjà à 2.3 milliards de surcoût).
Le vrai problème d’Areva est un cruel besoin de capitaux. Anne Lauvergeon, sa PDG, a demandé à plusieurs reprises à l’Élysée la possibilité d’émettre des actions pour financer ses activités—sans succès. Il ne s’agirait pourtant pas nécessairement d’une privatisation : l’entreprise est détenue à 80% par un organisme public de recherche nucléaire, le Commissariat à l’Energie Atomique ; cela lui procure de nombreux avantages quant à son pôle recherche et développement et lui évite de devoir se plier aux intérêts court-termistes de l’actionnariat. Mais l’entreprise gagnerait probablement à ce que l’Etat n’en détienne plus que la moitié, cela lui permettrait d’accéder aux marchés financiers tout en conservant ces atouts. En attendant, pour faire face aux coûts de ses investissements sur les cinq années à venir et au rachat des parts de Siemens dans Aréva NP, elle a dû annoncer début décembre la vente prochaine de sa filiale de transport et distribution d’électricité—Areva T&D—à Alstom et Schneider.
En outre, malgré ces problèmes, le succès de la stratégie de Mme Lauvergeon est indéniable. Elle a fait d’Areva un leader mondial du secteur nucléaire grâce à une intégration verticale qui a prouvé son efficacité : c’est la seule firme présente à tous les stades, depuis l’extraction d’uranium jusqu’au stockage des déchets nucléaires. Mme Lauvergeon affirme que son modèle, c’est Nespresso : elle vend des centrales, et tout ce qui est nécessaire à leur fonctionnement (uranium et entretien), avec des contrats pour toute la durée de vie des réacteurs. C’est en fait principalement un problème de coûts qui pénalise la société (l’offre de Kepco à Abu Dhabi était 30% moins chère que celle de ses concurrents). Or il est probable que la construction des prochaines centrales n’engendrera pas autant de soucis que celle des premiers modèles. Par ailleurs, l’entreprise peut affirmer que l’EPR est “le meilleur et le plus sûr des réacteurs actuellement sur le marché“ ; cela lui assure un avantage considérable dans les pays développés où la sécurité d’une centrale doit être infaillible pour que sa construction soit approuvée (aux Etats-Unis en particulier).
Se séparer d’Areva T&D est finalement une bonne chose : là où M. Proglio aimerait un groupe congloméral à la limite de l’obésité, regroupant diverses branches du secteur électrique, Areva se concentre sur Une seule filière où elle dispose réellement d’atouts majeurs. C’est d’ailleurs pourquoi Mme Lauvergeon a rejeté avec véhémence des projets de fusions avec Bouygues et Alstom, dont les activités (BTP et matériel électrique) complètent sa filière mais n’en font pas partie.
EDF, quant à elle, construit des centrales, en gère, et assure la production et la distribution d’électricité. Il serait plus logique qu’elle abandonne ses activités de construction d’infrastructure nucléaire à Areva (sous réserve que celle-ci ait des moyens de financement appropriés) pour se concentrer sur la production et la distribution de l’énergie. Dans le contexte actuel, où l’Europe cherche la coopération et la sécurité énergétique, elle pourrait avoir une position de leader de l’UE dans ces secteurs. A la limite, ses activités seraient beaucoup plus compatibles avec celles de Veolia et GDF Suez dans le secteur électrique, qu’avec celles d’Areva. Un tel rapprochement permettrait de créer un grand champion national et européen de l’énergie, rassemblant toutes les activités, de la production à la consommation d’électricité, ainsi que les infrastructures de transports (comme les lignes à très haute tension), et laissant la construction nucléaire à un partenaire plus efficace.
Le domaine de l’énergie est très cher au Président Sarkozy qui y voit, à juste titre, le terrain sur lequel affirmer le dynamisme technologique et industriel de la France, et le moyen de redresser notre balance commerciale par des exportations d’électricité. Or la mauvaise organisation du secteur fait qu’au lieu de cela, et alors même que tous les atouts sont entre les mains de nos entreprises, la France a été importatrice nette d’électricité en octobre, pour la première fois depuis 1982, faute pour EDF d’avoir consacré suffisamment de moyens à l’entretien des centrales nucléaires existantes. Dans ce contexte, construire des centrales en Angleterre ne devrait pas être à l’ordre du jour pour cette entreprise. La concentration des moyens financiers de chacun des acteurs sur son propre métier est indispensable, de même que l’ouverture pour chacun d’eux à de plus larges moyens de financement.
L. Pinot de Villechenon
L’UMP GE Pôle Grenoblois a reçu Fabrice MARCHIOL
Vendredi 11 décembre dernier, la section grenobloise d’UMP Grandes Ecoles organisait un café politique autour du thème « être jeune et de droite en milieu universitaire ». A cette occasion, l’invité Fabrice MARCHIOL, Maire de La Mure, Conseiller Régional, et tête de liste départementale de l’Isère pour les prochaines élections régionales en Rhône-Alpes, nous a fait part de ses réflexions et de son expérience sur la difficulté d’assumer ses convictions politiques dans un milieu hostile.
Son témoignage était d’autant plus intéressant, que Fabrice MARCHIOL a été pendant longtemps le responsable de la Droite Universitaire grenobloise (l’UNI) au cours des années 90.
Il a d’abord conseillé aux jeunes présents d’assumer pleinement leurs convictions, même si cela pouvait avoir un coût social dans un milieu où l’on considère que lorsqu’on est jeune, il est naturel de se sentir proche des idées de gauche. De plus, le maire de La Mure a précisé que le contexte actuel était favorable pour que les personnes de droite, et notamment les jeunes, se décomplexent, à l’heure où le Président de la République mène des réformes sans précédent depuis 30 ans, et assume pleinement son action.
Face à l’interrogation des étudiants présents, il a également insisté sur l’importance pour les jeunes sympathisants du parti de la majorité de se réunir régulièrement pour débattre et échanger sur l’actualité. Le conseiller régional a raconté, non sans nostalgie, les débats passionnés qui avaient lieu de façon hebdomadaire sur l’actualité, lorsqu’il était étudiant sur le campus grenoblois.
Fabrice MARCHIOL a également mis l’accent sur l’utilité de l’engagement politique lorsqu’on est étudiant. En effet, le fait de véhiculer publiquement ses convictions alors même que l’on est minoritaire et de s’impliquer dans les mouvements politiques, participent selon lui à la formation de futurs élus ou militants politiques.
L’invité a conclu la réunion en nous faisant part de quelques enjeux sur les régionales en Rhônes-Alpes. Il a expliqué que la droite ne devait pas faire la même erreur qu’en 2004, et traiter des questions nationales autant que des questions locales, en défendant le bilan de l’action du gouvernement. La tête de liste départementale a fait part, avec beaucoup de précisions, du gâchis d’argent public réalisé par la majorité de gauche au conseil régional de Rhônes-Alpes depuis 2004, ainsi que la très forte hausse de la fiscalité sur la même période.
Kevin Brookes
Responsable UMP Grandes Ecoles Pôle Grenoblois
Belgique-Belgie: identité-identiteit ? Un débat qui n’est pas que français
A l’automne 2009, les citoyens français ont été officiellement (solennellement!) invités à débattre de la question de l’identité nationale; depuis plusieurs mois cette proposition secoue profondément la France.
Plus que la question elle-même c’est d’abord le fait de la poser qui a fait couler un flot d’encre car, en France, l’expression « identité nationale » charrie un poids historique lourd et, à plus d’un point de vue, encombrant. La question suggère malencontreusement qu’il est aujourd’hui nécessaire et urgent de définir les « vrais français ». Jusqu’à présent on pouvait croire naïvement qu’une carte du même nom suffisait à établir cette fameuse identité nationale. De même, c’est implicitement que l’imagerie populaire confirme ce besoin d’appartenance en codifiant « le » français moyen comme un homme d’âge mûr, moustache fournie, baguette sous le bras et béret vissé sur la tête, le litron dans la poche étant facultatif. La française « moyenne » ne semble elle pas exister.
Après une première réaction d’étonnement, d’embarras même dans l’opposition de gauche il semble aujourd’hui acquis que devant les mutations profondes de la société française il peut être utile – mais pas nécessairement bon – de redéfinir une identité nationale, quitte à la rejeter car inapplicable. Le risque est cependant réel que ce que l’on présente comme valeur républicaine fondamentale puisse, en fin de débat, se retrouver objet de division. En redéfinissant les « vrais français » ne va-t-on pas en arriver à pourchasser les « faux »?. Après le débat sur le « grand » débat lui-même a effectivement été lancé pour se conclure sous peu.
Si la question pose problème en France que dire alors de la Belgique? Pourrait-on lancer dans ce pays fissipare un peu hors norme, un débat citoyen sur un tel sujet qui risque de mettre encore plus à mal le concept Belgique? La citoyenneté belge est-elle en effet le terreau d’une identité? Voyons ici quels pourraient en être les différentes facettes.
Une adhésion simpliste à des grands principes fondateurs de cette démocratie monarchique mais représentative – le Roi, la Loi, la Liberté- comme le dit l’hymne national- ne suffirait sans doute pas à filtrer les vrais belges des faux. Plutôt que de parler d’identité nationale ne devrait-t-on donc pas parler d’abord d’identité tout court? Celle-ci pourrait être régionale, ethnique, sociale ou même personnelle. En Belgique on retrouve ainsi des identités fortes liées à des particularismes régionaux, des fiertés de clocher qui font qu’un borain n’est pas un carolo, Dieu nous en préserve. Possède-t-on ainsi véritablement des racines belges plutôt que liégeoises, thudiniennes, campinoises ou yprésiennes, bref le belge ne se targue-t-il pas plutôt d’une identité d’origine géographique plutôt que d’adhésion? Mais quid alors des nouveaux belges, ceux qui depuis la révolution industrielle et jusqu’aujourd’hui sont venus grossir les rangs de la main d’œuvre qui a permis la révolution industrielle ou qui demain nous sauvera d’un déclin démographique inéluctable. Vont-ils eux s’identifier comme originaires de Petraglia Superiore en Sicile ou de Oujda au Maroc et non pas de Hoboken ou Jemappes? Il reste peu d’espace entre ces pôles identitaires bien lointains.
Faute de trouver dans le présent de quoi alimenter la réflexion, on pourrait commencer par débusquer dans la courte histoire belge des faits, des valeurs ou même des mythes qui nous aideraient à avancer dans la question. Sauf à remonter aux mythiques tribus belges –sans aucun doute « les plus braves de la Gaule » – on ne peut théoriquement remonter plus loin que 1830 comme point de départ historique d’une tentative de définition de l’identité belge. Est-ce l’année ou une âme nationale ou même un génie du même ordre a vu le jour? Après les Bourguignons, les Espagnols, les Français et les Autrichiens, les Hollandais auraient-ils finalement donné cette occasion d’affirmation populaire ou a-t-il fallu attendre que la Reine Victoria désigne un de ses neveux pour voir se former une auto-conscience nationale autour du premier roi?
Clairement, la question de l’identité nationale belge ne renvoie pas du tout à une évidence. Elle est par contre, comme en France, chargée d’un sens politique considérable.
Ne risque-t-on pas, en posant la question, de voir une identité de classe se forger et réapparaître malgré le déclin des diverses théories qui les ont vu naître. Ne verra-t-on pas le citoyen se redéfinir à nouveau en tant que travailleur de la terre (peu probable), ouvrier (il en reste de moins en moins), membre de la classe « moyenne » (l’horrible terme), fonctionnaire (forcément « haut » !), membre d’un groupe religieux (une brebis du troupeau), défenseur de la laïcité, intellectuel (pourquoi pas ?), entrepreneur (prestigieux !), bourgeois (difficile après Jacques Brel), nouveau riche (avouable ou non, c’est selon) ou même aristocrate (ancien ou –horresco referens- nouveau). Ne peut-on légitimement se présenter comme s’étant forgé sa propre identité par rapport à son travail, sa famille, son entourage, sa carrière, ses contacts ? N’exprimerait –t-on son appartenance que par rapport à ses racines ? On pourrait alors en choisir soi même les éléments qui donneraient un sens à une identité « subjective », on réinventerait sa généalogie. Dans ces cas l’Etat serait le dernier placé pour attribuer une appartenance fuyante. Cette identité serait, de plus, temporaire car les enfants ne vont certainement pas se définir la même (plutôt Européenne) que celle de leur père ardent défenseur de la « Belgique de papa ». L’identité varie dans le temps et c’est peut-être vraiment là que se trouve le besoin de la rafraîchir.
On peut, de plus, se demander s’il n’existe pas aujourd’hui un besoin extérieur de faire évoluer cette identité nationale. L’Europe se construit, oublions donc la nation et forgeons des européens! On peut donc vouloir partager cette identité continentale avec 500 millions d’autres citoyens, à condition qu’elle soit suffisamment convaincante que pour en faire au moins une identité d’intention à défaut d’une identité de fait. La question semble bien incongrue dans le landerneau politique des régions, des communes et de l’ Etat fédéral belge. Peut-on rêver en effet d’un gouvernement belge qui ferait de l’identité un outil de cohésion nationale (ouh….!). Dans une clarté d’intention qui détonnera sans doute dans le paysage politique, un autre penchera-t-il plutôt pour une appartenance supra-régionale (ah! La grande Picardie) ou Européenne en sautant à pieds joints au dessus du ruisseau national? En feuilletant les revues de luxe ou en lisant les rapports de nos agences commerciales extérieures, on en arriverait même à penser que finalement, la Belgique se réduira bientôt à un argument de vente, un « made in Belgium »© appliqué aux chocolats comme au savoir-faire ?
Peut-on ne se sentir belge que lors d’un grand évènement national (la mort d’un roi, une coupe de foot gagnée, une sordide affaire de pédophile, etc..). Sera-t-on réduit un jour à ne revendiquer cette fierté diffuse que dans la couleur des plaques minéralogiques, dernier refuge des « patriotes » ?
Mais l’identité belge ne serait-elle pas tout d’abord celle de la tolérance, de la convivialité, de l’accueil, de la solidarité, de l’ouverture en d’autres termes celle des droits de l’homme et de l’universalisme? Paradoxes dans un pays que l’on dit étriqué et trop souvent mesquin.
Au risque de passer pour une provocatrice (mais du chaos peut naître la lumière!) on peut quand même essayer d’identifier les composantes possible de cette identité nationale apparemment bien élusive. Cela devrait permettre à chacun de faire son choix. Essayons donc d’en faire un inventaire à la Prévert. Commençons pas deux groupes: un par défaut et l’autre plus volontariste. Etre belge et s’identifier avec
– un pays de l’à peu près, de petits arrangements, des ayants droit, des petits manquements civiques, d’une netteté urbanistique et paysagiste approximative, de l’attente anxieuse de la retraite, d’une tolérance linguistique moins solide que la tolérance culturelle, d’un certain Dutroux, de la Guerre des 15 jours, d’une période coloniale trouble, etc..
ou avec
– un pays du compromis permanent, d’arrangements positifs, de l’inventivité, de la tolérance mutuelle, de l’originalité culturelle mixte, de la gouaille, d’un goût avant- guardiste sûr et parfois naturel, de la fête, de Tintin , de Spirou et de Blake et Mortimer, de « la Reine et moi… », de peintres prestigieux, de monuments témoins, de la bière et du sucré-salé….
Et si l’identité belge était justement celle qui permet de naviguer (avec aisance!) dans toutes ces contradictions, ces valeurs diverses, de s’y retrouver, de continuer malgré tout à vouloir vivre ensemble dans une société de tolérance et de ( !) respect. On définira donc l’identité belge celle qui pousse les citoyens de ce petit triangle de terre à « s’arranger » d’une manière ou d’une autre pour vivre ensemble et bien.
Les cyniques auront beau jeu de dire que, dans une tautologie infernale, l’esprit national belge d’autodérision ne permettra jamais de poser la bonne question. Le belge serait finalement celui qui revendique son unicité en ne posant jamais la question de son identité. Par rapport aux pays voisins l’ identité nationale des Belges serait donc, de manière surréaliste bien sûr, de ne pas en avoir. A l’extrême, la Belgitude survivra ainsi à la Belgique.
Astrid Malingreau
Grandes écoles et renouvellement des élites : Poser les bonnes questions.
Depuis l’annonce polémique par la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), le 23 décembre dernier, de son refus de se voir imposer un “quota“ de 30% d’élèves boursiers par école, celles-ci sont montrées du doigt comme faisant honte à l’idéal républicain d’Egalité. On cite allègrement en exemple d’un système éducatif fondé sur le mérite personnel, les universités américaines où chacun trouverait sa place d’étudiant. C’est oublier que les meilleurs de ces établissements sont encore plus fermés socialement que nos plus prestigieuses écoles après-prépa : il est facile de les montrer du doigt, en omettant le fait que ces inégalités touchent de la même manière nos filières de Maitrise et de Doctorat universitaire.
Tentons de faire un état des lieux fidèle à la réalité avant d’envisager des solutions miracle. Certes, parmi les meilleures écoles dans chaque domaine, la part de boursiers oscille entre 9.5% et 13.7%, mais quelle est la part de boursiers dans les bonnes classes préparatoires ? Après une constante progression, ce chiffre stagne depuis le milieu des années 90, et le montant des aides n’y est pas pour rien. Elles sont effectivement assez confortables dans les prépas publiques, mais une responsable d’une célèbre prépa parisienne m’expliquait que la petitesse des bourses dans les établissements privés sous contrat comme le sien étaient souvent prohibitifs pour des élèves de milieux modestes. Ce lycée n’abrite aujourd’hui que 5-10% de boursiers. Tant qu’un bon nombre des meilleures prépa leurs restent fermées, fixer un “objectif“ de 30% aux meilleures écoles n’a aucun sens.
Cela n’empêche pas les détracteurs de la CGE de s’étendre sur le caractère discriminant des épreuves de concours, Culture Générale et Langues Vivantes en tête. Que répondre à cela ? Mme Pecresse rappelait à raison que “toutes les matières sont socialement discriminantes“, mais sans faire de distinction entre les épreuves que nous nommerons exclusivement discriminantes et celles qui valident un niveau de compétence requis pour suivre tel ou tel enseignement ultérieur. La mission d’inspection lancée à l’occasion de cette controverse étudiera notamment les notes de concours en Culture Générale des élèves issus des milieux les moins favorisés, matière dont le but premier est de départager les candidats. S’il s’avérait que cette épreuve les pénalise par rapport à leurs concurrents, nous penserions alors qu’adapter ces épreuves au regard des différences de capital culturel serait justifié.
Cependant les épreuves d’anglais, pour ce qu’elles ont d’injustes, permettent par exemple de vérifier que le candidat a le niveau suffisant pour suivre des cours majoritairement dispensés en anglais et participer à la visibilité internationale de l’école qu’il souhaite intégrer (le Times classe HEC meilleure business school en Europe). De même, il est impensable de brader les épreuves de science à l’entrée des écoles d’ingénieur ; il faudra donc être prudent dans le cas d’un éventuel remaniement des concours.
De plus, parlant des écoles recrutant en bac+2, il faut considérer que les épreuves d’admission portent sur les connaissances acquises lors des deux ou trois ans de prépa, période suffisamment longue pour gommer au fil du temps les inégalités entre les élèves issus de milieux différents au sein d’une même classe. Les traitements de faveurs accordés à certains de ces élèves lors des concours (qui seraient statistiquement nécessaires pour augmenter le nombre de boursier admis en Ecole) de même que des oraux cherchant à évaluer l’intelligence ou le mérite des étudiants iraient à l’encontre du principe d’égalité face aux concours. La réelle injustice à corriger c’est la sous-représentation de certaines classes sociales dans les prépas les plus prisées.
On se doit de constater que 29% des élèves des Ecoles les plus prestigieuses étaient issus des classes populaires en 1950, contre 9% aujourd’hui, mais il ne faut pas reporter sur ces institutions la faute des systèmes éducatifs primaire et secondaire. On ne s’étendra pas sur la critique de l’école dans cet article ; la sociologue Marie Duru-Bellat dans une interview accordée au Figaro, résume amplement la situation: au niveau des concours, “beaucoup d’élèves méritants ont déjà été éliminés“ et “plus on intervient tard pour rétablir l’égalité des chances, moins l’effet obtenu est important“. L’école ne remplit pas la fonction qu’elle remplissait sous la IIIème République où elle repérait les élèves brillants dès l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe. Aujourd’hui elle perpétue les inégalités. Sarcastique, un membre du CNRS écrit dans le Monde qu’il “est moins couteux d’établir des quotas pour les défavorisés dans les concours“ que de s’attaquer aux problèmes plus profonds.
Alors, sans prétendre s’attaquer à ce problème bien plus complexe, on peut néanmoins chercher des moyens plus censés que des quotas (bien que cette solution n’ait jamais, rappelons le, été proposée par un membre du gouvernement) pour promouvoir l’égalité sociale dans les institutions les plus renommées. Une augmentation des traitements de certains boursiers semble nécessaire, notamment dans les prépas privées sous contrat, qui peinent à attirer leurs candidatures pour de simples raisons financières. Or une part très significative des meilleurs établissements a ce statut.
En outre, comme c’est également l’autocensure qui pénalise beaucoup les lycéens brillant issus de milieux modestes. Il faut saluer et généraliser les initiatives prises par Pierre Tapie, directeur de l’ESSEC et président de la CGE, instigateur du programme “Une prépa, une grande école, pourquoi pas moi ?“. Il s’agit de suivre des élèves à fort potentiel dans des lycées difficiles partenaires de la Grande Ecole pour les aider et les pousser à s’investir et à oser une classe prépa. Selon ses mots, “la vraie égalité des chances consiste à donner à tous les moyens de réussir les mêmes épreuves“. De telles structures, sélectionnant les meilleurs éléments de ces lycées, devraient corriger les défauts de l’enseignement secondaire pour ces étudiants. Le problème est que l’ESSEC n’a que 8 partenariats avec des lycées, alors que Sciences Po, qui a mis en place des programmes comparables quoique moins ambitieux en a 74. Dans la perspective d’extension de ce type de réseau, les Grandes Ecoles pourraient prendre en charge une part de l’augmentation du soutien financier apporté aux élèves disposant de faibles moyens.
Enfin, un certain nombre d’élèves est pénalisé par l’étroitesse des chemins d’accès aux concours. Peu de places y sont réservées aux élèves des filières de classes préparatoires suivant un baccalauréat technologique (STI, STG, notamment) et aux universitaires (BTS et DUT, surtout). Il faudrait également que des prépas ouvrent dans de nouvelles zones géographiques. Il ne sert cependant à rien de se leurrer : si l’objectif est de diversifier l’origine sociale de nos élites, c’est dans les grandes prépas parisiennes qu’il faut promouvoir et se donner les moyens de la mixité sociale.
Pinot de Villechenon
Entre méritocratie et « Positive Action », le dilemme des quotas dans les Grandes Ecoles
Avant toute critique, examinons les faits. La récente proposition du gouvernement prévoyant de faire passer à 30% le nombre de boursiers dans les Grandes Ecoles françaises, a un objectif tout à fait louable : la promotion sociale et l’égalité des chances. Mais quelle est la situation actuelle ?
Aujourd’hui, les boursiers représentent 23% des effectifs de la rentrée 2009 dans les Grandes Ecoles. On peut ainsi noter que ce pourcentage n’est pas exagérément loin des objectifs affichés par le gouvernement, et qu’en l’absence de politique de quotas, les boursiers parviennent quand même à intégrer en nombre non-négligeable les plus prestigieuses filières de l’enseignement supérieur français.
En outre, si l’on remonte deux ans en arrière, plus précisément à la rentrée 2007, on peut remarquer que le pourcentage de boursiers présents en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE) avoisine celui de ceux qui ont intégré une Grande Ecole en 2009 (soit après deux ans de prépa). Ainsi, on peut légitimement espérer qu’après l’augmentation du nombre de boursiers en 2009 en première année de CPGE (grâce à un relèvement du plafond d’attribution des bourses d’études en 2008), à hauteur de 30% des effectifs, l’objectif affiché par le gouvernement sera atteint sans qu’aucune mesure supplémentaire n’ait besoin d’être prise.
Enfin, l’introduction de quotas dans les Grandes Ecoles françaises entraînerait inévitablement une sélection des candidats boursiers suivant des modalités particulières, différentes de celles auxquelles se soumettent les candidats lambda. De facto, cette voie d’accès particulière priverait certains candidats d’une place qu’ils auraient méritée. Il convient donc de ne pas se voiler la face, car en plus de menacer notre traditionnelle méritocratie républicaine, la mise en œuvre d’une telle mesure entrainerait une baisse de niveau des Grandes Ecoles françaises. Or, à l’heure où nos universités s’enfoncent dans les bas-fonds des classements internationaux et où le marché du travail est particulièrement tendu, il semble risqué d’ainsi mettre en danger les fleurons de notre enseignement supérieur.
L’Edito du mois : Donnez votre avis !
La polémique sur les quotas dans les Grandes Ecoles a fait grand bruit ces derniers jours, et c’est entre autres à nous, membres de l’UMP Grandes Ecoles, d’en débattre. La newsletter du mois de janvier recueille deux témoignages d’étudiants de classe prépa sur le sujet, je vous invite toutes et tous à nous faire part de vos idées et propositions sur le sujet.
Nous voyons à quel point ce sujet est sensible, tiré entre un idéal républicain qui nous est cher et une nécessaire égalité des chances pour tous. Mérite, égalité, travail, nous abordons ici des valeurs portées par notre famille politique et même au-delà. S’interroger, débattre sur de telles sujets, au sein de l’UMP, c’est faire montre d’un parti politique vivant.
L’idée du quota pour réparer une injustice antérieure, qui est déjà difficile à cerner et à définir, est mal vécue par ceux qui n’en bénéficient pas, voire même par ceux qui en bénéficient. Prendre des places à certains. Avoir un « autre » diplôme que d’autres. Le quota semble être le dernier recours… en fin de parcours. Cependant, lorsqu’un responsable politique a la volonté de faire bouger les mentalités et la réalité statistique, comment se passer d’un tel instrument ?
Dans le cas précis des Grandes Ecoles, la polémique actuelle ne remet pas en cause l’idée même et l’utilisation du quota dans d’autres situations. Mais pour les quotas de boursiers dans les GE, les chiffres sont proches des quotas que certains voudraient appliquer, et d’autres outils existent. L’ouverture dans les classes préparatoires, les internats d’excellence, le tutorat, le parrainage… C’est à nous de trouver les moyens de créer en amont les meilleurs conditions d’accès aux Grandes Ecoles, sans créer de rejet, de rancune, ni de baisse du niveau des exigences.
Maxime Largeteau
Président UMP Grandes Ecoles
Changement climatique? Est-ce la bonne question ?
« Home », « An Inconvenient Truth », « le Syndrome du Titanic »… Voilà quelques merveilles cinématographiques qui ont alerté, si besoin en était encore, le grand public sur la grande question du changement climatique. Le monde politique a suivi le pas des scientifiques et des citoyens dans ces préoccupations qui, chez certains, ont vite pris l’allure d’une cause célèbre.
Rappelons, en quelques lignes, l’exposé du problème: 1. notre société émet une quantité importante de gaz qui exercent dans l’atmosphère le fameux effet de serre, 2. ce phénomène peut conduire à une augmentation de la température globale de la terre, 3. ce réchauffement peut avoir sur notre société des impacts indésirables. Il ne faut pas être grand scribe pour se rendre compte que sous ces questions se cachent à la fois des vérités scientifiques mais aussi de nombreuses incertitudes.
Les scientifiques se sont aujourd’hui mis d’accord pour établir que la terre ne pourrait pas supporter un réchauffement climatique de plus de 2° centigrades en 2050. Les conséquences pourraient en être catastrophiques. Ce fameux 2°C est devenu de fait un objectif politique (voir G20 et Copenhague) et un exemple rare d’officialisation d’une hypothèse scientifique. Mais ces maîtres qui nous gouvernent savent-ils à quoi ils s’engagent?
En retravaillant à rebours la physique de ces phénomènes complexes on a établi que notre société devrait donc réduire ses émissions de gaz à effet de serre (principalement le CO2) et le ramener à son niveau des années 80. Quand on sait que l’énergie est le nerf de l’économie et de la vie en société, cette proposition en effrayera plus d’un. Devant un problème de cette taille, on aurait tendance à se caler dans son fauteuil et à soupirer comme de Gaule « Vaste programme ! ». Vaste programme – indeed- qui pourrait mettre à mal de nombreux principes de base de notre société contemporaine (par exemple la liberté de mouvements, l’accès à l’énergie, etc).
Couverture du Monde du Mercredi 21 Octobre 2009 : « Climat: le réchauffement marque-t-il un pause? ». L’augmentation de la température de la terre semble effectivement avoir subit un léger ralentissement depuis trois ans. Cette article phare -mais qui aurait été anathème il y a quelques mois seulement- serait-il un signal de la première faille dans le point b de notre introduction (le réchauffement) ? Est-ce une première pierre qui en tombant va déliter la forteresse climat? La nouvelle n’est cependant pas surprenante car il existe en effet tellement d’effets régulateurs dans ce qu’on appelle notre « système terre» (voir par exemple le rôle des océans, des cycles solaires, des aérosols, etc) qu’on ne peut établir avec certitude le degré ni la rapidité du réchauffement. Or, il est quand même essentiel pour orienter la société de demain de savoir si le degré de réchauffement prévu se déroulera sur dix ans, un siècle ou un millénaire. Première incertitude donc à régler sans délai. Le titre du Monde nous rappelle, en plus, qu’une hirondelle ne fait pas le printemps et que les changements climatiques se déroulent toujours sur de longues périodes. Le fait que la température augmente ou diminue sur des intervalles de quelques années n’a aucune signification climatique.
La question des impacts taraude aussi notre monde politique car c’est en effet là que le bât blesse. Il n’est pas du tout établit aujourd’hui que les catastrophes qu’on nous présente comme des signaux directs du changement climatique le soient effectivement. Trop facile de blâmer le changement climatique alors que bien souvent il s’agit un aléa normal du climat d’aujourd’hui ou d’un effet de l’exposition irréfléchie de notre société à l’impact de ces extrêmes climatiques. Si l’on construit dans les plaines, on ne s’étonnera pas qu’une inondation ravage les propriétés, si l’on dénude les pentes on ne doit pas s’étonner de pics de crue à l’ampleur imprévue … changement climatique ou pas. Depuis quelques années, le climat a bon dos et il est plus facile de blâmer des pépins climatiques que l’impéritie humaine.
Alors comment se positionner dans ce débat complexe? En suivant bien sûr l’évolution de la recherche, en ne suivant pas des gourous bien intentionnés mais partiaux, en pesant le pour et le contre des options de réponse aux changements climatiques potentiels, en repositionnant peut-être le climat dans un contexte plus utile de gestion raisonnée des ressources naturelles de la terre. Celles-ci vont en effet être mises à mal par une population qui atteindra probablement les 9 milliards en 2050 avec 60% dans les villes.
Les grands défis du futur sont précisément ceux qui sont associés à notre mode d’exploitation des ressources de notre planète, au développement d’une intelligence technologique et politique qui contribuera à satisfaire les besoins de chacun. Dans cette équation complexe le climat n’est probablement qu’un élément secondaire qui pourrait exacerber mais peut-être aussi faciliter certaines solutions. En d’autres termes, il faut construire le monde que nous voulons et pas celui qu’on nous prédit.
Astrid Malingreau
L’UMP Grandes Ecoles à EM Grenoble – GEM En Débat reçoit Robert Ménard
Le 21 octobre dernier, GEM En Débat a eu le plaisir de recevoir M. Robert Ménard, co-fondateur de l’association Reporters Sans Frontières et poil à gratter de la liberté d’expression.
Pendant environ deux heures, cet homme de combat, toujours dans la provoc’ et jamais dans la demi-mesure, seul moyen selon lui de faire entendre son discours, a répondu à nos questions et à celles du public.
Robert Ménard se définit d’abord comme un réactionnaire qui, à un moment, a eu besoin de donner du sens à sa vie. Au hasard d’une émission qu’il animait à Radio France, Robert Ménard se lance en 1985 dans l’aventure Reporters Sans Frontières. Une aventure qui animera plus qu’elle ne bercera sa vie pendant 23 ans.
23 ans de combat en faveur de la liberté d’expression qui l’auront mené dans les pays, mais aussi sur les plateaux télé, les plus hostiles. Robert Ménard en profite pour nous confier quelques anecdotes et, au passage, brocarder certains de ses contradicteurs tels Eric Zemmour & Arno Klarsfeld. Le ton est donné, l’homme est fin prêt à parler de son action la plus médiatique.
Et comment ne pas parler de la Chine quand l’on reçoit Robert Ménard ? Et pourtant la surmédiatisation du sujet l’agace. Il déplore que l’on ne le sollicite que sur cet épisode préolympique alors qu’il y a des endroits bien plus dangereux lorsque l’on est journaliste. L’Erythrée, par exemple, bonnet d’âne du classement RSF concernant la liberté de la presse.
Sa réponse cingle : l’Erythrée, tout le monde s’en fout, il n’y a rien à faire là-bas, alors que la Chine représente tant d’opportunités que tous les projecteurs de l’occident sont braqués sur elle.
Un peu plus d’un an après le battage médiatique provoqué par ses interventions à Olympie puis à Paris lors du passage de la flamme olympique, Robert Ménard revient sur cet épisode controversé. Et il n’en décolère pas; Sarkozy l’a lâché après lui avoir fait de (trop) belles promesses afin de préserver les relations commerciales de la France avec la Chine.
Constat qui, d’ailleurs, le peine beaucoup. Désormais, la puissance du marché chinois a grandement accru la capacité de pression de ce nouveau géant économique sur nos diplomaties occidentales bien timorées.
Le combat se poursuit également sur d’autres terrains et, bien qu’aujourd’hui éloigné de RSF, Robert Ménard n’a en aucun cas perdu sa verve légendaire. Il n’hésite pas à nous dépeindre la situation actuelle telle qu’il la ressent, considérant que les pays du Golfe ne sont pas les plus favorables à la liberté de la presse, ce qui explique en partie l’échec de son défi au Qatar (Il devait prendre en main un centre dédié aux médias).
Cependant, l’ennemi de la liberté d’expression n’est pas toujours une dictature. Et Robert Ménard de nous faire part de son inquiétude concernant le travail des journalistes en Amérique Latine, où récemment le journaliste franco-espagnol Christian Poveda a perdu la vie, tué par un gang salvadorien.
Enfin, Robert Ménard revient une dernière fois sur cette aventure Reporters Sans Frontières, aventure dont il retient des rencontres avec des gens fabuleux, des centaines de libérations de journalistes et la satisfaction d’avoir fait quelque chose de grand.
La dernière partie de cet entretien nous permet de recueillir l’opinion de M. Robert Ménard sur l’avenir des médias. Et aux inquiétudes relatives à la survie de la presse écrite, il nous répond calmement que la presse de qualité, offrant une information vérace et détaillée, saura poursuivre sa route. Toute bonne information est coûteuse, et cette presse de qualité saura s’accommoder de son nouveau statut de produit de luxe.
L’avenir des médias est également suspendu aux chaines qu’on lui attache. Ce que Robert Ménard n’accepte pas, c’est que l’on bâillonne ceux dont le discours dérange, les négationnistes, les révisionnistes… Cela revient à donner du poids à leurs idées, qu’on laisse parler ceux qui ne pensent pas comme nous.
Après avoir répondu aux questions des étudiants venus à sa rencontre, Robert Ménard nous distille un dernier conseil : Faites-vous plaisir !
RAISSI Soraya
Référent UMP Grandes Ecoles EM Grenoble
Plan Campus et LRU pour Grenoble – Réunion UMP-Grandes Ecoles, Pôle grenoblois
Objet de la réunion :
Bilan des 2 ans d’action de la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie PECRESSE, à travers la présentation de son plan campus pour Grenoble, et de la loi LRU votée il y a deux ans.
Intervenants :
- Sur la LRU : Kevin BROOKES, étudiant à l’IEP de Grenoble.
- Sur le plan Campus à Grenoble : Danil HANNANI, doctorant et attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche à l’Université Joseph Fourier.
Personnes présentes :
Une douzaine de jeunes UMP et d’étudiants de l’IEP
Compte rendu des présentations :
Votée le 10 août 2007, la loi LRU, visant à accroître l’autonomie des Universités, est une des réformes phares de la première moitié du quinquennat de Nicolas Sarkozy. En effet, celle-ci améliore la gouvernance de l’Université, renforce la professionnalisation des cursus universitaire et donne une plus grande opportunité aux établissements universitaires de mener des politiques ambitieuses en renforçant leur autonomie décisionnelle et financière.
Sa gouvernance est notamment améliorée par le renforcement des prérogatives du Président d’Université -qui a un droit de regard renforcé sur le recrutement des enseignants chercheurs-, et par l’ouverture du Conseil d’Administration à des personnalités externes au milieu universitaire.
De plus, cette réforme fait figurer l’insertion professionnelle des étudiants comme mission de l’Université. Pour cela, elle met en place un bureau de l’insertion professionnelle dans chaque université, et permet aux lycées qui s’inscrivent à l’université, de le faire avec une meilleure visibilité, puisque les statistiques de réussite au diplôme et d’insertion professionnelle seront dorénavant publiées.
Enfin, cette loi élargit le financement de l’université en permettant, notamment à des particuliers ou à des acteurs privés via des fondations universitaires, de pouvoir effectuer des donations aux établissements universitaires.
Au 1er janvier 2010, près de 60 % des universités seront autonomes (dont Grenoble 1). La loi prévoit, en outre, que l’ensemble des universités françaises soient autonomes en 2012.
Le 21 juillet 2009, Valérie PECRESSE a annoncé que le projet de l’Université de Grenoble avait été retenu pour bénéficier du Plan Campus. Le budget de l’opération s’élève à 400 millions d’euros et servira tant à faire de Grenoble une Université de rang mondial (en regroupant Grenoble 1, 2 et 3), qu’à développer l’ensemble de l’agglomération Grenobloise.
Du fait de la spécificité géographique de Grenoble (divisé en deux pôles), il était nécessaire de créer l’Université de Grenoble en regroupant administrativement 5 établissements : l’UJF, l’UPMF, Stendhal, l’INPG, et l’IEP (qui bénéficiera de 10 millions d’euros du Plan Campus). Ce rapprochement permettra à l’Université de Grenoble d’avoir une plus grande visibilité au plan international, notamment par la mise en place d’une signature unique pour les publications scientifiques et les diplômes.
D’autre part, le plan Campus est un projet structurant qui permet le développement d’infrastructures sur le campus grenoblois. Ce projet comprend, entre autre, la construction et la rénovation de logements étudiants, la création de pôles de commerces et de services, le développement d’équipements sportifs et la création d’un centre des congrès sur le campus.
Enfin, ce projet s’inscrit pleinement dans une dynamique d’intégration urbaine et économique du campus au sein de l’agglomération Grenobloise. En effet, le développement de liaisons entre le campus et le pôle scientifique (rocade Nord, extension du tram B) et la construction d’un nouveau quartier à l’Ouest, sont de nature à encourager l’intégration du monde universitaire à la ville.
Compte rendu des débats :
Les jeunes présents étaient quasiment tous d’accord pour dire que le plan Campus et la loi LRU étaient excellents.
Cependant, quelques points ont été soulignés. Tout d’abord le report de la réforme du décret d’application relatif au statut des enseignants-chercheurs, qui avait fait grande polémique l’année dernière. Celui-ci a été expliqué par Danil HANNANI, qui aspire à devenir chercheur, et qui a montré que cette réforme, si elle voyait le jour, permettrait aux enseignants-chercheurs de choisir plus librement leurs activités préférées (enseignement ou recherche). Certains étudiants ont livré leur expérience personnelle, en montrant que le système actuel faisait que certains enseignants étaient davantage préoccupés par leurs recherches, que par la transmission de savoir.
Un deuxième point a été soulevé par plusieurs étudiants présents : l’orientation. Même si la LRU paraît aller dans le bon sens, il n’est pas sûr qu’elle se suffise à elle-même pour faire en sorte d’éviter les désastres qui peuvent exister dans certaines filières de sciences humaines. Certains ont parlé de la nécessité d’établir une sélection à l’entrée de l’université, d’autres ont même parlé d’augmenter les frais d’inscription afin de responsabiliser les étudiants.
La réunion s’est terminée sur la conclusion suivante : les réformes menées par Valérie PECRESSE vont toutes dans le bon sens, mais ne vont peut être pas assez loin, c’est pour cela qu’il faut penser à certaines pistes pour la suite.
Kevin Brookes
Responsable UMP Grandes Ecoles, Pôle Grenoblois
Débat sur l’immigration et l’identité nationale à l’UMP Grandes Ecoles Lille
A l’initiative de l’équipe UMP GE de Sciences Po Lille, l’association De toutes les couleurs a organisé -pour la première fois- une confrontation directe entre notre groupe et le GSU. Pour cette première rencontre qui s’est tenu le 12 novembre, le thème retenu était particulièrement clivant, puisqu’il concernait l’immigration et l’identité nationale. Pendant plus d’une heure et demie, nous avons défendu la position du gouvernement, en essayant de déjouer les polémiques stériles et la démagogie de nos adversaires, qui s’amusaient à déjouer le débat. En effet, le Parti Socialiste paraît gêné aux encornures lorsque l’on évoque la question de l’identité de notre Nation.
Ils affirment que le but du débat lancé par Eric Besson est purement électoraliste, alors que les régionales, comme leur nom l’indique se jouent sur des enjeux locaux ; qu’il s’agit d’introduire une part de conflictualité entre habitants de la France, alors que la Nation désigne le socle commun de valeurs qui nous rassemblent, sur lesquelles nous nous retrouvons ; ils nous accusent de distinguer des « bons Français » et des « mauvais Français », alors que l’objectif est de ressouder notre Nation autour de ses fondamentaux, et dire aux autres pays : « voilà qui nous sommes, voilà comment nous nous définissons ». De fait, le PS est peut-être incapable de dégager une position commune audible, tant ses divisions sont abyssales. Ainsi, on l’aura compris, la tâche était rude, et les débats ont largement tourné autour de malentendus, que la gauche refuse d’admettre.
Leur autisme était impressionnant, comme à son habitude, et c’est pourquoi nous avons été contraints de faire preuve de beaucoup de pédagogie. Par exemple, il nous a fallu réexpliquer de nouveau que nous ne pouvions pas accueillir tous les migrants frappant à notre porte, et qu’il fallait examiner l’apport potentiel à la France qui peut-être le leur, que nous n’avions pas renoncé à l’asile, mais au contraire, que nous l’avions européanisé, que l’émigration elle-même n’était pas toujours profitable aux pays qui en sont victimes, qu’au final, nous n’étions pas sans cœur et sans pitié, et que nous ne menions pas une politique d’extrême-droite, puisque nous sommes favorables à une immigration maîtrisée, celle-ci « ayant toujours enrichi la France » selon le président Sarkozy, et opposés à l’impossible immigration zéro, et qu’enfin, cette politique était pratiquée dans la plupart des pays européens, comme la Grande-Bretagne et l’Espagne, deux pays pourtant dirigés par des gouvernements socialistes…
On pourra retenir de ce premier débat la nécessité de porter toujours plus haut la politique du gouvernement, de l’expliquer méthodiquement, pour mettre un terme au règne de la désinformation encouragée par l’opposition.
Gautier Jorion
En charge du pôle Politique au sein de l’association UMP Grandes Ecoles Lille
Arthur Bart
Responsable UMP Grandes Ecoles Sciences Po Lille













