Passées les élections régionales, le Président de la République a ouvert le chapitre de la réforme des retraites, une des réformes majeures du quinquennat, prévue pour la mi-2010. Depuis qu’elle a été pensée en 1991, cette réforme – visant à pérenniser notre système – n’a accouchée de propositions concrètes qu’en 2003. Aujourd’hui, il est nécessaire d’aller plus loin.
Il faut résoudre le problème du déficit toujours grandissant des régimes de retraite : 32 milliards d’euros aujourd’hui, plus de 70 milliards d’euros en 2030 et plus de 100 milliards d’euros en 2050 si rien n’est fait d’ici là. C’est bien l’enjeu majeur de la réussite de la réforme : ne pas continuer d’alourdir notre dette afin de préserver nos générations futures, mais également montrer à Bruxelles que la France maîtrise ses déficits. N’oublions pas que les jeunes d’aujourd’hui sont les retraités de demain.
Afin d’y parvenir, il est nécessaire de mettre sur table toutes les pistes, et ce sans aucun tabou. Car si plusieurs paramètres sont à prendre en compte (montant des cotisations, pénibilité du travail, niches fiscales) l’une des pistes les plus envisagées par le gouvernement (à raison) est de la durée de cotisation. En effet, l’allongement de la durée de vie change progressivement notre démographie, si bien que la population active ne pourra plus soutenir longtemps les retraites des séniors. Il n’est donc pas anormal de considérer un allongement progressif de la durée des cotisations de 40 à 41 ans (160 à 164 trimestres), mesure qui par effet mécanique devrait favoriser l’emploi des seniors par le report de l’âge légal de départ à la retraite.
Cette réforme n’aura pas de solution unique pour concilier résorption des déficits, revalorisation des retraites et justice sociale. Mais il est indéniable que l’allongement de la durée des cotisations figure parmi les pistes les plus crédibles pour y parvenir.
Les Jeunes Populaires, en pointe sur ce sujet, remettront leurs propositions le 17 mai au Ministre du Travail, de la Solidarité et de la fonction publique, Eric Woerth.
Photo : Ricardo Stuckert
