12 avr 2010

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Jeunes UMP
Les Jeunes de l'UMP

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Ségolène Royal a-t-elle l’intention de mettre en place des Universités Populaires pour préparer 2012 ? Le poisson d’avril de la Gauche !

Le ridicule ne tue pas !

Pour protéger ses expressions phares comme « fête de la fraternité », « espoir à gauche » ou « ordre juste » de la contrefaçon, Ségolène Royal, motivée par l’éthique (d’aucuns n’auraient pu penser le contraire!) avait déposé dix termes à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), en janvier dernier. Objectif: protéger ses termes de la même manière qu’une entreprise protège sa marque, c’est à dire son patrimoine !

Mais la candidate frondeuse récidive le 1er avril et ajoute, à une liste déjà longue, le nom d’ « Université Populaire » et ses déclinaisons (dépôt numéro 10 3705698), officiellement pour assurer la pérennité du concept politique « Désirs d’avenir ». L’intérêt d’un enregistrement est que d’autres personnalités ne puissent pas utiliser ces termes pour leur propre mouvement.

Cette attitude montre que la démarche de Ségolène Royal n’est pas tout à fait dénuée de préoccupations internes au PS. En regardant de près la liste des appellations déposées, on y trouve « L’Espoir à gauche », le nom du courant créé par Ségolène Royal avec Vincent Peillon que les deux ex-associés se disputent âprement depuis le fameux « clash » de Dijon, en novembre 2009.

La démarche fait bondir !

Philosophes et Politiques ne décolèrent pas. L’Université Populaire est une vieille aventure qui voit le jour dans le contexte de l’Affaire Dreyfus.

Face à la déraison que manifestent les idées antisémites et aux passions qui se déchaînent alors, les universités populaires tentent d’apporter une réponse humaniste. C’est ainsi qu’est née, en 1896, la première université populaire française : « La Coopération des idées », à l’initiative d’un ouvrier, Georges Deherme.

Or, cette grande aventure collective semble, aujourd’hui, confisquée par une seule personne, pour servir son égo. Cette attitude est navrante. Mais Madame Royal fait feu de tout bois. Elle a envie de se servir de quelque chose qui fonctionne correctement. En effet, l’Université Populaire a une réputation d’honnêteté, de probité, de gratuité et de générosité. Or, Madame Royal va à l’encontre de ces valeurs en tentant de capter l’héritage, et de s’approprier l’histoire de cette belle aventure humaine, à des fins personnelles.

Tout n’est pas à vendre !

Pour Michel Onfray, «l’idée que quelqu’un qui vise la présidentielle veuille mettre la main sur une expression qui ne lui appartient pas montre le mépris qu’elle a pour tous ceux qui font ces universités populaires».

Au tour de Patrice Leclerc, Secrétaire de l’université populaire des Hauts-de-Seine de s’indigner. Dans une lettre ouverte, il interroge la principale concernée : de quel droit pouvez-vous « acheter » le label « Université Populaire » ? Appellation qui appartient au patrimoine français de l’éducation populaire. Comment pouvez-vous vous arroger ce privilège « d’acheter » ce qui appartient au mouvement d’éducation populaire dans son pluralisme et sa diversité ? Jusqu’où pensez-vous pouvoir aller dans la marchandisation de notre société et plus particulièrement de la culture ?

Déposer cette dénomination, c’est confisquer une partie de l’héritage culturel de notre pays au profit d’un petit nombre. C’est aussi faire obstacle à une liberté qui conditionne l’action des associations d’éducation populaire.

Au terme d’un délai de six semaines, ces « marques » (ou plutôt ces expressions qui jalonnent le lexique de son association Désirs d’avenir) seront déposées. Puis il faudra attendre cinq mois pour qu’elles soient définitivement enregistrées, à moins de faire l’objet d’une contestation.

L’Association des Universités Populaires de France a déposé, ce jour, un recours. Madame Royal cèdera-t-elle à la pression des chercheurs?

Selon son entourage, et devant le tollé suscité, Ségolène Royal aurait décidé de retirer de l’INPI, la marque « Université Populaire » dans les prochains jours. Affaire à suivre.

A.N. Le Plessis Robinson

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