Bon sang, mais c’est bien sûr ! Pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ? La voilà, la solution à la crise et au chômage, la voilà la solution aux ravages de l’ultra-méga-méchant-libéralisme : lançons les 32h et tout le monde aura du travail !
Bon, plus sérieusement, revenons deux secondes sur terre. Lors du dernier congrès socialiste qui s’est tenu à Grenoble, le mouvement « Utopia » du MJS a proposé une motion pour un « développement humain », reniant la croissance économique et la consommation des biens matériels. C’est bien d’avoir des idéaux, des utopies, mais encore faut-il que cela tire la France vers le haut. Proposer les 32h, après l’échec lamentable des 35h, relève ou de la provocation, ou d’un manque de réalisme criant. Il faut en finir avec cette vision malthusienne du travail, comme quoi l’économie serait un ensemble de richesses finies !
Avec 32h la semaine, c’est ruiner le pouvoir d’achat, déjà entamé par la crise. C’est imposer des carcans aux entreprises et limiter leur flexibilité. Si on réduit le pouvoir d’achat, on réduit de fait la demande et donc la production et l’équation avec l’emploi n’est pas résolue. Instaurer les 32h, c’est tuer la croissance et la compétitivité des PME. Il est bien évident qu’une PME préférera rémunérer des heures supplémentaires que d’embaucher un salarié supplémentaire et payer des charges patronales en plus ! Si l’on ne donne pas de mesures d’ajustement pour les PME, on les condamne sur la compétitivité et l’on rebute les investisseurs étrangers à venir s’installer en France dans un carcan législatif et le chômage n’est toujours pas résorbé !
Non, la solution au chômage ne passe pas par le temps de travail, sinon cela ferait longtemps que cela se saurait. Mais bizarrement, les autres pays n’ont pas voulu des 35h ! Donc proposer les 32h en période de fin de crise relève pour le moins de la plus grande irresponsabilité…
Ah j’oubliais, la motion propose également des « revenus d’existence » ou « revenus de citoyenneté », c’est la fête ! Allons-nous un jour nous payer pour ne pas travailler ? Pourquoi ne pas proposer aussi d’abolir la faim dans le monde, de décréter la fin de la pollution et d’interdire la guerre ?
Vive la société des bisounours !
