Ce n’est pas par hasard que l’on nomme la Terre la planète bleue. Avec plus de 70% de la surface du globe, les océans couvrent notre terre et sont la source et la ressource de la vie sur Terre. Leur protection, à l’heure de la fonte des glaciers et du changement climatique, s’avère plus qu’impérieuse.
Grâce à ses territoires ultramarins, la France est le seul pays au monde à être riverain des 4 océans (Atlantique, Pacifique, Austral, Indien), ce qui lui donne des frontières maritimes avec 30 pays ! C’est aussi le 2e espace maritime sur terre, derrière les Etats-Unis, ce qui lui confère une grande responsabilité en matière de protection des océans. Face à l’urgence climatique, les Etats se doivent de protéger les ressources marines afin de préserver qualités essentielles (régulation climatique, production d’oxygène, production alimentaire). Les effets se font d’ores et déjà ressentir : ressources marines plus rares, eaux plus acides, disparition de la biodiversité, montée du niveau des mers, fonte des glaces…
C’est pourquoi, ce Grenelle de la mer, dans la continuité de celui de l’environnement, a été initié en avril dernier par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno, afin de définir une stratégie nationale pour la mer et le littoral. Reprenant le modèle du Grenelle de l’environnement, la méthode utilisée a reposé sur la consultation des Français et la constitution de groupes de travail – en concertation avec les syndicats, les acteurs économiques, les ONG environnementales, les élus et les associations – pour formuler des propositions concrètes. Des tables rondes ont ensuite eu lieu pour délibérer des décisions et engagements à prendre. Ces travaux ont abouti à la création d’un livre bleu regroupant plus de 138 engagements en faveur de la mer et du littoral.
Ces engagements concernent notamment l’utilisation de bioénergies marines (hydroliennes, énergie thermique des mers et éoliennes flottantes), la biodiversité, la pêche durable, la réduction des émissions de GES des transports maritimes et la lutte les dégazages. Il s’agit bien de savoir exploiter les ressources maritimes de manière durable et responsable, afin de permettre leur reconstitution à terme. La question n’est pas de choisir entre pêcher ou protéger, mais bien de protéger pour mieux pêcher.
A l’heure actuelle, la France ne protège que 1% de son espace maritime, ce qui est loin d’être satisfaisant. C’est pourquoi le Président de la République, dans son discours du Havre, a annoncé l’objectif ambitieux de protéger 10% de l’espace maritime d’ici 2012, et 20% pour 2020.
