25 oct 2009

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Jeunes UMP
Les Jeunes de l'UMP

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Angela Merkel, la reconduction tranquille

Longtemps portée à l’étude et avide de vérités scientifiques, elle a oeuvré dans le silence, gagnant l’admiration du corps enseignant. Longtemps en quête de liberté dans une République Démocratique Allemande -RDA- communiste et à la recherche d’une autre politique aux côtés du mouvement démocratique, en tant que porte-parole, elle s’est mue dans l’ombre de quelques grands. C’était en d’autres temps. C’était en d’autres lieux. Angela Merkel, femme, protestante et de l’Est, quoique née à Hambourg, s’est imposée progressivement, à la suite d’Helmut Kohl, à la tête de l’Union chrétienne-démocrate allemande -la CDU- d’inspiration catholique et, pour l’essentiel, dirigée par des hommes. Le parti est désormais avec elle, derrière elle pourrait-on même dire. De son style, tant critiqué car souvent jugé par trop « démodé » et rangé, seul l’absence de chichis est dorénavant retenue. De son contact tant rechigné car estimé par beaucoup non charismatique et non prétorien, seuls les accents chaleureux et directs désormais percent.

La cohabitation avec la gauche a compromis l’obédience aux thèses libérales qui sont chères à la chancelière. Une sous-estimation première des effets de la crise financière et économique secouant le monde ces dernières années a fragilisé son bilan. Mais l’aura de la Dame aux gants de velours, réélue pour la quatrième fois consécutive femme la plus puissante du monde par le magazine « Forbes », n’a pas été entamée. Car rassurante et entreprenante, celle-ci a donné le sens autant qu’elle a été le sens même de la campagne de la CDU lors des élections au Bundestag de dimanche dernier.

Cette campagne, ardemment menée, a été remportée largement. Elle autorise la fin de la grande coalition allant de la gauche modérée à la droite modérée et l’avènement d’une coalition de droites, conservatrice et libérale. Certes, la participation a été plus faible que d’ordinaire et le parti de la chancelière a enregistré un léger recul atteignant un taux de 33,4%. Toutefois, son allié le parti libéral -le FPD- a obtenu un score historique, en avoisinant les 14,6% des voix, quand le parti social démocrate allemand – le SPD-, au plus bas depuis 1949, n’a rallié à lui que 23% des votants, rongé en ses franges par les bons scores du parti d’extrême gauche –die Linke- lequel a rassemblé 11,9% des voix et du parti écologique – les Verts- lequel a recueilli 10,7%[1] des suffrages exprimés. La sociale démocratie allemande s’est, à cet égard, inscrite dans la déferlante qui frappe ces dernières années les gauches européennes aux élections nationales depuis la gauche italienne jusqu’à la gauche française. A Constance, ville du Sud du Bade-Wurtemberg, pourtant première municipalité aux couleurs vertes en Allemagne, ce sont près de 37,3% des votants qui ont accordé leur première voix au candidat de la CDU, Jung Andreas, contre 24,7% à celui du SPD, Friedrich Peter, et 18,9% à celui des Verts, Seiler Till, tandis que 28,2% des deuxièmes voix se sont portés vers le parti de la chancelière contre 19,8% vers le SPD et 20,8%[2] vers les Verts.

De cette victoire, l’Europe peut beaucoup attendre. La France également. La France dans l’Europe davantage encore. Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, lequel s’est empressé de féliciter le leader allemand fraîchement reconduit, travaille aux côtés de celui-ci sur la question de l’environnement comme sur celle de la bonification des traders, redonnant au couple franco-allemand la brillance des premiers jours, du temps du général de Gaulle et du chancelier Adenauer. A l’heure de la crise mondiale, d’une nouvelle phase pour l’Europe qui a gagné le « oui » irlandais, de la réactualisation de la question nucléaire allemande de l’autre côté du Rhin, aux côtés de ses partenaires dont son partenaire historique, la France, bien des défis demeurent à l’ordre du jour. Mais, confortée parmi les siens lors de ce dernier scrutin, « Madame est servie ». 

Laurence Boivin


[1] Chiffres tirés de l’article de Samuel Potier, « Angela Merkel gouvernera avec les libéraux »,  Le Figaro, 28 septembre 2009.

[2] Chiffres de la municipalité de Constance, « Wahlen in Kostanz », http://www.konstanz.de

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