Au même moment où une importante crise économique frappe petites et grandes entreprises dans le monde entier, un nouveau secteur encore assez rare reste prospère : le business vert…
La mode du vert dépasse aujourd’hui les idéaux écologistes d’une minorité. Ainsi, les plus grands investisseurs comme Bill Gates misent sur les « clean techs ». Entre 2003 et 2007, les investissements dans l’éolien, les biocarburants ou le solaire ont plus que triplé tandis que les fusions et acquisitions dans ces nouvelles industries se sont multipliées. En 2020, les énergies renouvelables couvriront au moins 15% des besoins mondiaux (2% actuellement), ce qui représente une part du marché peu négligeable pour des multinationales que cette vision enchante…
Qui aurait pu nous dire qu’un jour nous serions éclairés par nos déchets ? Car ceux-ci procurent près de la moitié du chiffre d’affaire de Suez Environnement et sont utilisés pour produire de l’électricité. Nous ne pouvons le cacher, les panneaux photovoltaïques envahissent les toits des maisons, entreprises et lieux publiques, ce qui apporte un investissement serein chez le propriétaire avec la conviction d’avoir fait un geste pour la planète, mais surtout le plaisir d’un produit aussi durable que rentable pour ses fabricants. Le leader mondial en fabrique plus de 500 000 par jour avec 6 usines réunies sur un site de 70 hectares baptisé « Sonnenellee » (vallée du soleil), qui représentent 2400 emplois. L’on assiste ainsi à la création de nouvelles cultures avec des « fermes solaires » comme en Allemagne ou des champs d’éoliennes grâce auxquels n’importe quel particulier peut être gagnant…
Mais cette économie ne fait pas seulement qu’apporter l’enrichissement des multinationales mais donnent naissance à d’innombrables PME, notamment en France où l’on assiste à la ruée vers l’or vert… Ce business, comme celui d’Internet à sa création, possède un énorme potentiel dans de nombreux secteurs. De grands concours ou des aides financières importantes de l’état permettent la réalisation de projets innovants comme des architectures aussi écologiques que design, des voitures de location électriques, du carburant avec des algues ou des immeubles en bois… Une véritable concurrence voit le jour alors que des entreprises de grande distribution comme Coca Cola prennent conscience de l’importance du recyclage ou des emballages allégés « pour la planète » et surtout pour leur porte-monnaie.
Ce business a aussi été choisi comme une véritable arme politique de relance face à la crise par plusieurs états comme la Chine qui promet « une révolution verte » ou la Corée du Sud avec des villes vertes, des véhicules hybrides ou des actions de reforestation. En donnant la priorité au bâtiment, la France, suite au grenelle de l’environnement, souhaite générer plus de 500 000 emplois verts…
Quentin Bataillon
