27 mar 2009

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Jeunes UMP
Les Jeunes de l'UMP

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Le Pôle Nord, le nouvel eldorado

Le réchauffement de la planète et la fonte de la banquise peuvent avoir des effets inattendus. En effet, les fonds marins du Grand Nord regorgent en quantités considérables de ressources énergétiques, en premier lieu en gaz et en pétrole. Ces fonds sont inaccessibles pour l’instant. Cependant, la donne pourrait changer d’ici peu avec le réchauffement climatique. Et qui dit or noir dit convoitises.

D’ores et déjà, les 5 pays frontaliers, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège, le Danemark (via le Groenland) et la Russie ont revendiqué ce territoire et se sont lancés dans la lutte pour tenter de s’approprier ces colossales réserves. Les estimations des ressources qui dormiraient sous l’océan glacial arctique représenteraient 25% des réserves mondiales d’hydrocarbures (soit 100 milliards de barils), de quoi attirer l’appétit envers cet eldorado. En effet, à l’heure actuelle, aucune source d’énergie ne semble pouvoir se substituer à moyen terme au gaz et au pétrole, ce qui ne fait qu’augmenter les intérêts de toutes ces nations. Devant ces enjeux économiques monumentaux, la question géopolitique des ressources énergétiques du Pôle Nord est sensible si bien qu’elle provoque déjà des tensions qui pourrait déboucher sur une crise internationale. La « guerre froide » n’aura jamais si bien porté son nom.

Les cinq pays riverains revendiquent l’exploitation des ressources naturelles du Pôle Nord. Pour faire valoir ses droits sur la région, Moscou a été jusqu’à planter en août 2007 un drapeau russe en titane dans le sous-sol de l’océan Arctique (à plus de 4000 mètres de profondeur) à l’aide d’un sous-marin de poche. Les Russes affichent clairement leur ambition sur la région. Ils tentent de prouver que le continent sibérien s’étend par une structure sous-marine au-delà des 200 miles nautiques qui sont aujourd’hui la norme maximale. Cette dimension, certes technique, n’en est pas moins majeure. Si la Russie est capable d’en apporter la preuve scientifique, elle pourrait demander à l’ONU une extension plus large de sa souveraineté, ce qui lui permettrait d’assoir avec davantage de légitimité ses vues. Depuis, le Danemark a monté une expédition concurrente qui avait la mission de démontrer que le pôle nord était une extension géologique du Groenland.

La fonte des glaces aurait d’autres conséquences tout aussi importantes. En effet, elle s’accompagnerait d’une ouverture de nouvelles routes maritimes via les océans polaires, réduisant par exemple considérablement les temps de navigation entre l’Europe et l’Asie. Les enjeux sont donc considérables car l’ouverture de ces voies aurait une portée sur l’ordre actuel, menaçant les sites incontournables aujourd’hui de Suez et de Panama. En outre, les conséquences environnementales de l’exploitation pourraient être lourdes. Pour faire face à ces enjeux, les Etats sont de plus en plus conscients qu’il faut agir. Michel Rocard, « en pôle sur la question », vient d’être nommé par le président de la République ambassadeur de France chargé des négociations internationales sur les pôles arctique et antarctique. De même, l’Union européenne s’intéresse de plus en plus à cette question sensible.

La question du pôle nord ne devrait cesser de faire parler d’elle dans les mois et les années à venir. En effet, il apparait impossible de trouver une solution convenable à tous comme ce fus le cas pour l’Antarctique grâce au traité Antarctique en 1959. Ce dernier, complété en 1991, établit que l’Antarctique est réservée aux activités scientifiques et qu’il ne doit en aucun cas devenir « ni le théâtre, ni l’enjeu de différends nationaux ». De plus, l’exploitation des ressources minérales est interdite. Cette visée pacifiste pourrait en principe tout à fait convenir pour l’Arctique et solutionner ainsi la crise. Sauf que les enjeux sont loin d’être comparables. Le continent Antarctique est isolé, loin de tout. En revanche, l’Arctique se trouve à proximité raisonnable des lieux de consommation. La rentabilité de l’exploitation des ressources du pôle nord serait bien plus importante. A la lumière de toutes ces composantes, le nouvel eldorado de l’Arctique pourrait donc bien déboucher sur une crise mondiale.

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