18 fév 2009

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Jeunes UMP
Les Jeunes de l'UMP

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La présidence tchèque de l’Union: simple transition ou dialogues à couteaux tirés?

Un passage glacial de la présidence française à la présidence tchèque au sein de l’Union. Comment Prague peut-elle poursuivre le travail massif conclu, laissé ou encore proposé à discussion par la France ?

Le passage du flambeau européen à la présidence tchèque a eu lieu le 1er janvier dernier. La passation de pouvoir s’est déroulée dans la plus grande simplicité, de manière sobre et sans tambour ni trompette. Pouvait-on déjà imaginer que cette nouvelle présidence poserait certaines difficultés diplomatiques et de cohésion entre les vingt-sept Etats membres ? Mieux encore, est-ce que dès le début de son investiture, Prague serait-elle confrontée à un échec en matière de politique et d’union européenne ?

 

Il ne s’agit pas de polémiquer sur ce sujet mais toutefois, il est indispensable de comprendre l’état général et l’humeur peu propice que vit Bruxelles aujourd’hui. A défaut de le savoir, tous les six mois, le Conseil européen est présidé par le chef d’Etat ou de gouvernement d’un des vingt-sept Etats membres. Cette présidence qualifiée de tournante, doit répondre à certains fondamentaux. Renforcé suite aux deux derniers élargissements vers les pays d’Europe Centrale et aux prochaines échéances d’élargissements vers la Croatie entre autres, un principe primordial doit être respecté : l’alternance d’une présidence par un ancien Etat membre dont le poids économique, démographique, diplomatique et politique au sein de l’Union est important (comme la France) à une présidence par un nouvel entrant (comme la République Tchèque) qui peut rencontrer quelques difficultés à s’exprimer au sein de l’Union Européenne. A cela, un trio de présidence est chargé de préparer les programmes. Le trio actuel est composé de deux anciens Etats membres (la France et la Suède), et d’un nouvel entrant (la République Tchèque).

 

C’est dans ce sens que l’on doit comprendre le passage d’une présidence hyperactive menée par la République Française et le Président Nicolas Sarkozy, assisté d’un Ministre des Affaires étrangères très présent au cours des débats tenus pendant ces six mois, à une présidence tchèque qui est partie sur une faiblesse majeure, le très eurosceptique chef de l’Etat tchèque, Vaclav Klaus, qui a toujours tenu à se montrer comme un « dissident européen » et qui l’a rappelé au début du mois de Décembre, en refusant de déposer le drapeau de l’Union Européenne, sur le château de Prague, siège officiel de la présidence. Sans aucune transition, on est passé d’une présidence ancrée dans la dynamique de l’intégration européenne et de l’approfondissement de dossiers européens jugés comme primordiaux (la politique de voisinage, la politique environnementale, le dossier sur l’immigration etc.) à une présidence aux contours encore peu identifiés même si elle se pose comme une dissidente du processus d’intégration européenne.

 

Que doit-on alors attendre de la présidence tchèque ?

 

Prague a fait savoir quelques jours avant le début de sa présidence européenne, qu’elle porterait sa priorité sur la Politique Agricole Commune – PAC – et son avenir après 2013, lorsque son budget sera renégocié. « Au-delà de 2013, la PAC devrait être moins chère, plus flexible et plus juste. D’une voix de plus en plus haute, nous ajoutons qu’elle devrait être égale pour anciens et nouveaux pays », a annoncé le ministre de l’agriculture tchèque Petr Gandalovic (décembre 2008).

 

Son slogan : « l’Europe sans barrières ». Doit-il être compris comme une critique de l’état actuel de l’Union ? Une Union verrouillée dans des rouages anciens et autour de dichotomies : anciens contre nouveaux Etats membres ; grands contre petits Etats ; forte contre faible démographie etc.

 

Elle a résumé ses priorités de la façon suivante : les 3 E (Economie, Energie et Europe dans le monde). Le programme tchèque privilégie, dans le domaine de l’énergie, la sécurité d’approvisionnement et mise notamment sur les sources d’énergie à faible teneur en carbone. Du côté de la politique climatique, elle souhaite veiller à ce que soit garantie la « viabilité économiques » des mesures proposées, sans perturber le cycle de négociations en cours dans la lutte contre le changement climatique. Elle souhaite aussi s’occuper de la protection de la santé humaine et de l’environnement, du dossier portant sur la manière de rendre les transports plus écologiques et de la biodiversité.

 

Les programmes proposés par Prague sont pour une grande partie le suivi des dossiers entamés par la France. Les lignes directrices sont ambitieuses. La mission est possible mais délicate dans un pays dirigé par un fort euroscepticisme. On devra s’attendre à des négociations musclées au cœur des institutions. Serait-ce le début d’un trouble fête dans l’Union ?

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