18 fév 2009

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Jeunes UMP
Les Jeunes de l'UMP

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Aubry, la Dame aux deux visages

Au terme d’une campagne aussi tumultueuse que tendue et après une attente interminable pour l’officialisation des résultats, Martine Aubry a été investie en novembre dernier première secrétaire du PS. Quel contrepied pour celle qui avait promis aux Lillois lors de la campagne municipale en mars 2008 que Lille méritait d’avoir un maire à plein de temps et que donc, si elle était élue, elle ne briguerait aucun poste à responsabilité au sein du nouvel organigramme socialiste. Petit retour sur l’énigme Aubry, la dame aux deux visages.

 

Aubry à Lille : l’histoire d’une greffe qui n’a jamais prise


L’histoire de Martine Aubry avec la capitale des Flandres débute en 1995. Le maire de Lille Pierre Mauroy se cherche alors un successeur à la mairie. Il eut l’idée séduisante (sur le papier) de proposer la fonction à la fille de Jacques Delors. Le problème est qu’il a eu en lieu et place Martine Aubry. Ce proverbe lillois résumé à lui seul la désillusion suscitée alors et depuis lors par ce parachutage. Car, en effet, depuis plus d’une décennie, la relation entre Lille et Martine Aubry se résume plutôt à un « je t’aime, moi non plus » qu’à une histoire passionnée et fusionnelle.
En 2008, Martine Aubry fut réélue sous le beffroi avec un score, dixit la presse, « historique » : 66 %. En fait, le vrai score historique fut le taux de l’abstention au second tour : plus de 55 %. Au total, elle ne fut réélue que par un peu plus d’1 lillois sur 5, c’est-à-dire loin du raz de marée qui la propulsera quelques mois plus tard à la tête du PS.

 

Aubry divise dans sa ville et dans son propre camp


Les sondages le prouvent, en déplaise à Martine Aubry (pendant la dernière campagne municipale, elle affirmait avec virulence qu’ils étaient mensongers). En 2006, près de ¾ des Lillois jugeaient satisfaisants l’action de la municipalité. 61% ne souhaitaient pas qu’elle se représente en 2008 : près de 7 lillois sur 10 ne la considérait pas comme une vraie lilloise. Vexée, elle n’eut de cesse de clamer que ces chiffres étaient erronés. L’institut de sondage IFOP décida de recommencer l’enquête à ses frais, avec un échantillon doublée. Résultat, la tendance confirma ce doux paradoxe.
Face aux baronnies socialistes locales, Martine Aubry ne parvint pas à faire l’unanimité dans son propre camp et dans sa propre ville. En 2007, alors qu’elle cherchait désespérément après une circonscription (gagnable : elle avait été échaudée par sa défaite en 2002 dans une circonscription de gauche face à un jeune premier en politique, Sébastien Huyghe). Zénith du scandale, elle est loin d’entretenir avec Pierre Mauroy des rapports d’une franche cordialité, l’ancien premier ministre reprochant à sa dauphine d’avoir ruiné son bilan.

 
La « dame de fer »

 

 

 

La « dame de fer » lilloise déteste la contestation et la contradiction. Elle a construit sa carrière politique de la sorte, tout d’abord en tant que ministre, puis comme maire de Lille, écrasant ses contradicteurs de toute son autorité. Pire, l’éléphant Aubry aime la confrontation frontale et l’adversité. Toutefois, à l’occasion, l’ « attilesque » Aubry peut aussi faire de pragmatisme, quitte à oublier ses propres convictions. En effet, pour conquérir la rue de Solférino, elle n’a pas hésité à ancrer son discours à gauche, flirtant même avec Benoit Hamon (ce dernier déteste l’Europe, une grave tare pour la fille de Jacques Delors), alors que, traditionnellement, elle se situe dans la lignée paternelle, c’est-à-dire à la droite du PS. Comble du paradoxe, c’est au bulldozer Aubry qu’est confiée la lourde charge de rassembler le PS. Cette mission est d’ores et déjà mal engagée car elle a déjà reconnu n’entretenir aucun rapport avec Ségolène Royal. Preuve suprême, après la guerre de Solférino, le nouvel organigramme du PS ne compte aucun partisan de Ségolène Royal, c’est-à-dire près de 50% des voix lors du vote de novembre.

 

 

 

La dame aux deux visages, l’art du paradoxe


Martine Aubry est une vraie girouette qui est passée maître dans l’art du double discours. En effet, elle agit et pense différemment selon qu’elle se trouve à Paris ou à Lille, selon qu’elle endosse son costume de première secrétaire du parti socialiste ou celui de maire de Lille. A Paris, la première secrétaire du PS se présente comme le chantre du pouvoir d’achat. A Lille, le maire impose une fiscalité lourde avec une taxe d’habitation parmi les plus lourdes de France. A Paris, elle se définit comme la championne de la démocratie. A Lille, elle musèle l’opposition en restreignant son nombre d’interventions et son temps de parole, tout en limitant le nombre de ses conseillers de quartiers. A Paris, elle refuse toute alliance avec le Modem de François Bayrou. A Lille, elle s’allie au Modem. A Paris, elle est contre le cumul des mandats. A Lille, elle occupe le poste de maire, de présidente de la communauté urbaine de Lille et de l’Eurométropole Lille-Tournai-Courtrai, en plus de son mandat national à la tête du PS. Deux poids, deux mesures.  D’un côté, les belles paroles. De l’autre, les actes.

C’est donc à cette femme politique, pleine de contradictions, que revient la douloureuse tâche, l’impossible gageure, de remettre le PS en ordre de marche. Dans un rôle contre-nature, elle devra rassembler autour d’elle, faire des compromis et redorer l’image écornée du parti socialiste français. Aujourd’hui, en tant que première secrétaire, elle incarne le PS. A la fois autoritaire, contradictoire et imprévisible, elle se met le doigt dans l’œil (ou le stylo au choix) si, au préalable, elle ne tente pas et ne parvient pas à polir sa propre image. Avant de pouvoir en faire de même avec son parti. Une vraie gageure.

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