28 jan 2009

L'auteur

Jeunes UMP
Les Jeunes de l'UMP

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Vers l’émergence d’éco-citoyens

Vers l’émergence d’éco-citoyens

A bien des égards, l’économie de marché est le pendant économique de la démocratie comme système politique. L’acteur en économie de marché qui détient le pouvoir est le consommateur car, comme le dit l’adage, « le client est roi ». Les entreprises, dont le but final est de faire du profit, n’ont qu’un seul moyen pour y parvenir : satisfaire leurs clients, elles sont donc en permanence à l’écoute de leurs envies et de leurs besoins.

Quel formidable levier de changement me direz-vous !
Sauf qu’il y a un « mais ».

Dans le système économique tel qu’il est aujourd’hui, l’information des consommateurs sur les produits qu’ils achètent est très largement insuffisante. Où a été fabriqué ce pull que je viens de m’acheter en solde ? « designed in France », et ce yaourt ? Aucune info sur l’étiquette. Une étude a montré qu’un pot de yaourt aux fruits pouvait parcourir 9000 km au cours de sa production !

Si le citoyen disposait d’autant d’information lors du vote que le consommateur lorsqu’il fait ses courses, nous pourrions avoir quelques surprises au moment des résultats !

Pour que l’économie de marché fonctionne de manière satisfaisante et pour que la concurrence ne se fasse pas exclusivement sur les prix, une bonne information du consommateur est requise. Cette information doit-être transparente, vérifiée et surtout visible.

Pour ce faire, une refonte de nos labels est sans doute souhaitable. Nous devons avoir des labels explicites et facilement identifiables. Ainsi, nous créerons les conditions d’une prise de conscience de l’importance de l’acte d’achat.

Aujourd’hui, l’information est peu lisible et il est donc très facile de se perdre dans la forêt de labels et autres sigles abscons : AB, PEFC,FSC, NF, … Qui sait précisément ce que ces quelques lettres signifient en terme de contrainte pour l’entreprise et de qualité pour le produit ?
Viens s’ajouter une profusion de labels que certaines entreprises, peu scrupuleuses sur l’honnêteté, s’accordent elles-même pour leurs grandes vertus. Ces « labels » très bien marketés ont même tendance à éclipser les labels certifiés bien peu mis en valeur.

Il faut, à mon sens, prioritairement réduire le nombre de ces certification. Par exemple, lorsque deux labels sont en concurrence, officialiser le label le plus exigeant et supprimer l’autre. Le label européen certifiant qu’un produit est issu de l’agriculture biologique est notamment sévèrement critiqué par les associations écologistes pour son laxisme comparativement au label français AB.

Supprimons aussi les labels et dénominations suffisamment vagues pour susciter la confusion dans l’esprit des consommateurs, du type « designed in France » ou « made in EU ». Revalorisons au contraire le « made in France » en le rendant à la fois plus visible et plus contraignant quand au cycle de production.

Deuxièmement, les labels créés de toute pièce par des entreprises devraient-être interdits au profit d’une évaluation faite par des associations, elles-mêmes approuvées l’État ou par l’État lui-même.

Il faut ensuite communiquer afin de transformer un sigle discret en marque aisément reconnaissable et aux valeurs clairement affichées, suivant l’exemple de Max Havelaar dans le commerce équitable, encore inconnu il y a seulement quelques années et très bien identifié aujourd’hui.

Voilà comment nous pourrons accompagner la volonté, de plus en plus affirmée, des consommateurs de retrouver un sens à l’acte d’achat, leur permettre d’exprimer leur sensibilité à des problèmes qui les touche en tant que citoyen et favoriser la mise sur le marché de produits plus éthiques.

Permettre aux consommateurs de choisir en connaissance de cause, c’est renforcer leur pouvoir d’influer sur la marche des entreprises, sur leurs pratiques et sur les produits qui leur seront proposés à l’avenir.
Si j’ai un vœu à formuler pour la refondation à venir du capitalisme, c’est que l’on étende le droit de vote des citoyen à la sphère économique et que l’on introduise ainsi un peu de politique dans le système de production de richesses.

Cette pédagogie est absolument nécessaire afin que les consommateurs d’aujourd’hui soient les éco-citoyens de demain. L’économie de marché, comme la démocratie, repose avant tout sur le choix, faisons en sorte que ce choix soit le plus éclairé possible et que l’on admette enfin que l’acte de consommation n’est pas seulement un acte économique mais également un acte politique et certainement un levier majeur pour faire évoluer les pratiques des entreprises vers plus d’éthique.

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