Bilan et perspectives de la Présidence française de l’Union Européenne : une Europe mobilisée pour répondre aux défis actuels et futurs
« L’Europe protection, l’Europe concrète ». Telles ont été les lignes directrices de la Présidence française au sein de l’Union Européenne. Lutte contre le dérèglement climatique, énergie, immigration et Europe de la défense ont été les quatre axes de travail principaux. Quel bilan peut-on tirer de ce semestre rythmé par plusieurs conférences et sommets extraordinaires ?
Une première chose est sûre : le premier bilan reçu est positif au cœur des institutions. Même si la cadence soutenue des négociations est de loin atypique et a été parfois l’objet de tensions et de mécontentements, les conclusions sorties à la fin du mois de Décembre 2008 sont positives.
L’agenda au départ était délicat. Alors qu’il a été bouleversé à cause du non irlandais au référendum portant sur le Traité de Lisbonne, organisé en Juin dernier, la France ne s’est donc pas occupée de préparer l’entrée en vigueur du traité. Toutefois, elle a permis une première sortie de crise et un déverrouillage des institutions européennes.
La Présidence a aussi été marquée par un agenda chargé en matière des relations internationales. Ponctué de grands rendez-vous, l’agenda international de la fin de l’année 2008 a été une année d’élections en Russie et aux Etats-Unis. La France a noué rapidement des liens avec Medvedev (tant bien que mal) et Obama.
La Présidence française de l’UE intervient trois ans après le non français au projet de Constitution européenne et un peu plus d’une année après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, qui avait annoncé que « France était de retour en Europe ». Il a affirmé sa volonté de « remettre de la politique en Europe » et que la France y « soit de nouveau (…) une force de proposition et une force d’entraînement ».
Alors que peut-on dresser comme bilan de la Présidence française au sein de l’UE ?
Les six mois de la Présidence française ont d’abord été marqués par une série de crises internationales (conflit en Géorgie, crise financière et économique) dans lesquelles l’Union européenne a su jouer un rôle déterminant grâce à sa capacité à agir de manière réactive, volontaire et unie. Par ailleurs, la Présidence a maintenu le cap sur les priorités qu’elle s’était fixées dès le départ : la lutte contre le changement climatique (avec l’adoption du « paquet énergie/climat »), la politique migratoire (avec l’adoption du Pacte européen sur l’asile et l’immigration), la Politique Agricole Commune (avec l’adoption du « bilan de santé » de la PAC et le lancement du débat sur l’avenir de la PAC), la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (un nouvel élan avec un programme concret et opérationnel).
En matière d’énergie, l’Europe s’est fixé des objectifs ambitieux sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (20% d’ici à 2020). Le paquet proposait notamment des mesures portant sur les quotas de CO2, les biocarburants…
Qu’en est-il du dossier sur l’immigration ? Le Ministre français de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement, Brice Hortefeux, avait par ailleurs, appelé à la création d’un « Pacte européen sur l’immigration ». Ce pacte reposera sur trois piliers : « le refus des régularisations massives », « l’harmonisation des régimes d’asile » et « des négociations sur les accords de réadmission ».
Dossier sensible pour la France, la PAC a fait l’objet d’un accord entre les 27 Etats membres, sous la Présidence française. Nicolas Sarkozy a souhaité une refondation de la PAC en vue de repenser les perspectives financières dans ce domaine.
La Présidence de la France a mis l’accent sur la défense européenne. Le développement et l’approfondissement du volet de la défense de l’Europe n’est pas incompatible avec l’OTAN, selon la France. Les deux devront dans le futur se construire côte-à-côte. Cette attitude constitue un changement d’orientation dans la politique étrangère française, Jacques Chirac ayant toujours été méfiant vis-à-vis de l’Alliance atlantique. Nicolas Sarkozy préconise de revoir à la hausse le budget consacré par l’UE au domaine de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD). Le nouveau Traité européen de Lisbonne, s’il est ratifié, devrait permettre à la PESD d’évoluer, notamment avec les nouvelles attributions du Haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère. Même si le titre de « Ministre des Affaires étrangères » lui a été refusé, il disposera d’un véritable service diplomatique.
Enfin, en ce qui concerne l’Union pour la Méditerranée, le vrai tournant était au printemps 2008, lorsque l’idée d’une union institutionnelle avait été abandonnée au profit d’une structure légère et souple et concrète, autour du changement de terminologie d’une Union Méditerranéenne à une Union pour la Méditerranée (UPM).
Succès et pratiques politiques et institutionnelles en phase avec le monde d’aujourd’hui, l’Union Européenne a quelque peu été marquée par sa Présidence française et par l’adoption de nombreux plans et projets innovateurs ou autrefois contestés mais aujourd’hui acceptés. Changement de période ou nouvelle manière de faire de la politique en dépassant le cadre des coutumes et des procédures traditionnelles ? Une Union Européenne unie et solidaire au niveau communautaire, serait dorénavant capable de parler d’une seule voix et de faire entendre ses idées dans le monde. C’est dans ce sens que la Présidence française pendant son mandat à Bruxelles, a reçu de la part du gouvernement irlandais un engagement fort : celui de rechercher la ratification du Traité de Lisbonne d’ici la fin du mandat de l’actuelle Commission. Dès lors, la France a lancé une nouvelle voie pour l’UE au cours de sa Présidence, marquée par l’ouverture et le changement à la fois au niveau interne et sur le plan international (huit sommets entre l’Union et ses partenaires mondiaux, au cours des six mois de Présidence française).
Nouvelle réforme : la procédure pénale !
Notre Président est un réformateur, et la France peut s’en féliciter ! Voici que Nicolas SARKOZY veut réformer une institution vieille de 100 ans. Voici qu’il veut mettre un terme à une de ces traditions qui font l’incohérente « exception française » parmi les démocraties. Voici que la procédure pénale est en phase d’être améliorée, pour gagner en cohérence et en respect des droits de la défense. Et comment réagit l’opposition, qui veut nous faire croire qu’elle est « défenseur des droits des citoyens » (comme si l’« élection » de la Première Ambitieuse du PS avait brillé par son caractère démocratique…) ?
L’opposition répond par un dénigrement improductif et systématique de tout projet de la majorité !
Premièrement, le juge de l’instruction remplacera l’actuel juge d’instruction. Il faut souligner combien cette fonction était mise en cause par la majorité des professionnels de la justice. Le juge d’instruction a en effet la difficile position d’être à la fois juge et partie de sa propre procédure. Un procureur d’une des plus grandes villes du pays décrit d’ailleurs cette fonction comme « un exercice difficile voire impossible pour un homme seul ».
Il s’agit donc de supprimer le caractère « schizophrène » du juge d’instruction en lui donnant un rôle de coordination et de contrôle du déroulement de l’enquête.
Enfin, la disparition du juge d’instruction entraînera la fin de la mise en examen. Cette procédure, souvent perçue comme une « reconnaissance de culpabilité » contraire à la présomption d’innocence, sera remplacée par une « audience de charge ». Cette audience sera publique, au même titre que l’audience statuant sur la détention provisoire.
Mais la réforme va plus loin que le simple rôle du juge d’instruction : c’est l’ensemble de la procédure pénale qui est rénovée.
Ainsi, le rôle de l’avocat est renforcé afin de garantir le respect des droits des personnes placées en garde à vue. Un enregistrement audiovisuel sera d’ailleurs désormais obligatoire pendant les gardes à vue et l’instruction en matière criminelle.
Par ailleurs, une audience de contrôle devant la chambre d’instruction est créée, qui permet, entre autres, de renforcer les droits des parties et le caractère contradictoire de l’ensemble de la procédure.
Il s’agit également d’accélérer la procédure, notamment par la suppression des procédures inutiles.
La réforme annoncée le 7 janvier par Nicolas SARKOZY peut être considérée comme la plus importante qui ait été engagée en matière pénale depuis la création du Code pénal par Napoléon Ier. Comme à son habitude, l’opposition dans sa grande hypocrisie s’est empressée de crier à l’attaque contre les libertés et la démocratie. Cette réforme permet au contraire à la procédure pénale de retrouver une plus grande cohérence en favorisant le respect des droits de la défense.
Loi Internet et Création : Franck Riester, député UMP, répond à nos questions
Présentez-nous en quelques points les grandes lignes de ce projet de loi ?
Le projet de loi Création et Internet prend d’abord en compte la montée en puissance des biens culturels sur Internet. Il vise à apporter un cadre à la problématique du téléchargement sur Internet, téléchargement qui se pratique aujourd’hui généralement de manière illégale et qui met en danger nos industries culturelles.
Le texte repose ainsi sur deux principes complémentaires.
Le premier consiste à changer de logique dans la lutte contre le piratage. En effet, il y a une véritable rupture par rapport au mécanisme répressif qu’instaurait jusqu’alors la loi précédente. On passe désormais à une approche de prévention et de pédagogie avec un mécanisme de réponse graduée conduite par une autorité administrative indépendante, l’HADOPI (Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet). Concrètement, le contrevenant recevra deux messages d’avertissement (un premier message par e-mail, un second message par lettre recommandée) avant une éventuelle suspension de sa ligne internet s’il venait à continuer de télécharger illégalement.
Le second concerne le développement d’une offre légale attractive en matière de films, de musique ou contenus audiovisuels. L’offre existante, encore trop peu connue, s’est néanmoins beaucoup élargie ces dernières années. Une des ambitions du texte est de veiller à son développement.
Christine Albanel s’est donnée les moyens de consulter les professionnels de la création artistique pour aboutir à un texte consensuel. Pensez-vous vraiment qu’un ministre de droite puisse trouver un consensus dans un domaine fortement marqué par des sensibilités de gauche ?
Le consensus a déjà été trouvé ! Ce projet de loi résulte d’accords historiques signés à l’Elysée le 23 novembre 2007 par 47 entreprises de l’internet ou de la culture, décidés à organiser et faciliter la diffusion des contenus culturels légaux sur internet.
La préservation de l’exception culturelle française, sujet majeur, n’est ni de droite, ni de gauche. Il faut savoir dépasser les clivages politiques lorsqu’il s’agit d’intérêt général.
Vous parliez du développement de l’offre légale. Qu’en est il d’ailleurs de ces fameux DRM (Digital Right Managment) qui n’incitent pas à se tourner vers les offres légales ?
En tant qu’utilisateur quotidien d’Internet, j’ai bien conscience du frein que constituent les DRM pour l’achat d’un titre de musique en ligne. Rien de plus frustrant que de ne pas pouvoir lire un titre sur son baladeur numérique quel qu’il soit! Mais sur ce point aussi, les choses bougent. L’entreprise Apple a annoncé le 6 janvier dernier la suppression des DRM sur sa plateforme ITunes, les autres plateformes devraient suivre dans les prochaines semaines. Parallèlement, les catalogues des maisons de disque sont désormais presque tous disponibles dans leur intégralité de manière légale. La levée des verrous numériques anti-copie constitue un geste fort au moment ou le projet de loi s’apprête à être examiné par l’Assemblée nationale.
Cette loi est très attendue par le milieu artistique français. Ne pensez-vous pas qu’il aurait fallu agir plus tôt ?
C’est en effet la grande loi que toutes les filières de la création attendaient depuis plusieurs années. Mais aujourd’hui, il y a véritablement urgence à agir. Je rappelle par exemple que le marché du disque a encore reculé de 15% l’année dernière, et qu’il a perdu plus de la moitié de sa valeur sur les 5 dernières années. Cela met en danger des dizaines de milliers d’emplois dans ces filières, pas seulement les chanteurs ou producteurs mais aussi régisseurs, techniciens… Il est donc important que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et envoient un signal fort quant à la nécessité de respecter le droit d’auteur et la propriété intellectuelle sur internet, tout en garantissant le développement d’offres légales attractives pour les internautes et économiquement viables pour les entreprises culturelles.
L’Outre-mer se réforme
Depuis deux ans que la France se réforme en profondeur, l’Outre Mer participe à ce mouvement de grande ampleur : bien sûr nos départements et territoires ultra marins sont concernés par les réformes structurelles qui sont développées à l’échelle nationale, mais ils sont également l’objet de réformes plus spécifiques et locales.
Sur place, de nombreux projets émergent pour faire de l’outre mer les territoires pionniers en matière de développement durable, pour rendre les territoires attractifs et économiquement efficaces. Les centres de recherche n’y ont jamais été aussi soutenus et permettent à la France d’être l’un des pays où la connaissance scientifique relative aux catastrophes naturelles est la plus développée. Les initiatives locales de coopération régionale sont encouragées et renforcent la présence de la France dans l’Océan Indien, dans les Caraîbes et dans l’Océan Pacifique.
En France métropolitaine, grâce à la création de la délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre Mer, de nombreux projets ont abouti. Patrick Karam qui a la charge de lutter contre ces discriminations a ainsi obtenu de nombreuses avancées avec par exemple la création d’un système de parrainage dans les cités universitaires pour les ultramarins qui arrivent en France métropolitaine pour y poursuivre leurs études ; la démocratisation des concours d’accès aux grandes écoles ; le renforcement de la lutte contre les discriminations pour l’accession aux logements…
Au sein de l’UMP Jeunes Populaires, nous devons nous-mêmes être au cœur de ce processus : ensemble, les ultramarins qui se trouvent sur le territoire national et tous nos compatriotes en Outre Mer, nous devons travailler et devenir un véritable laboratoire d’idées. Nous pourrons ainsi être à la pointe du débat et contribuer au rayonnement de nos territoires à l’échelle internationale et mieux les faire connaître sur le plan national.
Si vous souhaitez participer au Laboratoire Outre Mer – Jeunes Populaires, contactez nous !
Le juge d’instruction « condamné »
« L’homme le plus puissant de France » selon Balzac semble se réduire à peau de chagrin depuis l’annonce du Président de la République Nicolas Sarkozy sur sa suppression lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation.
Déjà victime d’une atténuation de son rôle en tant que figure essentielle de la procédure pénale au profit du Procureur de la République et ses substituts au fil des réformes, le juge d’instruction se voit encore confronté à la vindicte publique lors du désastre judiciaire de l’affaire Outreau. En effet, si les dossiers à l’instruction représentent moins de 5% des affaires traitées par la justice, ils sont néanmoins particulièrement médiatiques de par leur gravité (tous les crimes, les délits les plus graves dans les domaines financiers, le terrorisme ou encore la mise en cause de l’autorité de l’Etat).
La commission d’enquête parlementaire qui s’est penchée sur cette affaire Outreau a débattu sur les limites et les avantages de ce juge, chargé d’enquêter à charge et à décharge ; et n’a jamais suggéré une suppression, seulement une collégialité, ce qui est chose faite avec les pôles d’instruction créés par la loi du 5 mars 2007.
Pourtant, l’on peut s’étonner qu’à peine cette réforme entreprise, le Président de la République tende à supprimer ce juge d’instruction qu’il souhaiterait remplacer par un juge « de » l’instruction qui « contrôlera le déroulement des enquêtes mais ne les dirigera plus ».
Cette décision pourrait remettre en cause le principe fondamental de la séparation des pouvoirs. Certes, le juge d’instruction n’est pas infaillible, pourtant il présente la qualité essentielle d’être indépendant. Le transfert de ses compétences au parquet ne semble pas présager une indépendance quelconque, celui-ci étant subordonné au Garde des Sceaux. Cette dépendance vis-à-vis de la Chancellerie pourrait avoir un impact sur les affaires politico-judiciaires quant à l’ouverture d’une enquête. C’est la raison pour laquelle cette proposition a suscité de vives critiques et un émoi particulier dans le monde judiciaire.
Bien que le renforcement des droits de la défense et du contradictoire évoqué par le Président de la République dès le début de l’instruction soit louable, les magistrats s’insurgent et dénoncent « une régression majeure pour les libertés individuelles » par le règlement de compte opéré à l’égard du « juge d’instruction qui s’en est pris depuis les années 80 aux hommes politiques et aux grands patrons » (selon Christophe Régnard, Président de l’Union Syndicale des Magistrats).
Ce vieux fantasme politique de mise à mort du juge d’instruction semble réjouir les personnes qui ont été confrontées à celui qu’elles appellent « le juge de l’accusation ». Or, cette suppression ne pourra être effective sans une indépendance du parquet corrélative, afin de respecter les principes d’indépendance et d’impartialité de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Obama, la voix de l’espoir
Barack Obama a été investi officiellement, mardi 20 janvier, 44e président des Etats-Unis. Plus de 2 mois et demi après son élection, et au terme d’une campagne aussi longue qu’intense, le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis est entré à la Maison Blanche. Il incarne aujourd’hui les espoirs de tout un peuple désireux de changement et de rupture. Main sur la Bible, la même qu’Abraham Lincoln en son temps, son modèle en politique américaine (lui aussi élu de l’Illinois), il a prêté serment devant une foule considérable venue assister à ce moment historique. Comme son prédécesseur, il arrive au pouvoir dans une période troublée. Alors que son aîné en 1861 avait du faire face à la guerre de sécession, Barack Obama aura à résoudre deux questions majeures qui marqueront à coup sûr son mandat.
Surmonter la crise financière
Tout d’abord, Obama aura à lutter contre la crise financière et s’attaquer à la relance de l’économie américaine. Les Etats-Unis sont aujourd’hui le pays le plus touché par la crise financière et économique. Plus de 2,5 millions d’emplois ont été perdus au cours de la seule année 2008. Certains secteurs économiques, à commencer par l’automobile, y sont particulièrement sinistrés. Le contexte de la crise financière, assimilée pour beaucoup à l’administration Bush, a beaucoup compté dans l’élection d’Obama à la Maison Blanche. Surfant sur la vague de la rupture, le nouveau président investi aura la lourde mission de remettre d’aplomb l’économie des Etats-Unis, de redéfinir les règles du capitalisme et de l’économie de marché et de rendre confiance à la nation américaine.
Rétablir la voix de l’Amérique dans le monde
Symbole, véritable icône médiatique dans le pays de l’oncle Sam, Barack Obama suscite aussi de fortes attentes dans le monde. En effet, les espoirs placés en lui sont d’autant plus considérables que le bilan de l’administration Bush est catastrophique en matière de relations internationales. Les Etats-Unis sont englués depuis des années dans deux guerres extérieures, en Afghanistan et en Irak. Barack Obama aura à solutionner ces dossiers pesants qui ont contribué à détériorer l’image des Etats-Unis dans le monde. Il aura à porter la voix des Etats-Unis là où elle n’est plus entendue. En outre, il devra aussi influer sur la résolution des crises internationales, en particulier au Proche-Orient, ou sur des questions sensibles comme le nucléaire iranien ou la fermeture du centre de détention de Guantanamo. Aux côtés de sa secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Hillary Clinton, il va devoir s’attaquer très vite à ses dossiers brulants, à commencer par le conflit israélo-palestinien. Parallèlement, il a pris le contre-pied de l’administration Bush en décidant de lutter activement contre le réchauffement de la planète.
Un discours mobilisateur
Au-delà de ces crises intérieures et extérieures qui attendent une réponse, l’ancien sénateur de l’Illinois devra réunir les Américains qui se sont fortement divisés au cours de ces dernières années. Le temps des festivités achevé, vient le temps du travail pour opérer ce qu’il appelle « la refondation de l’Amérique ». Il ne cache pas que son arrivée à la présidence coïncide avec une crise grave pour les Etats-Unis. Balayant l’ « Obamania », son discours d’investiture était, d’ailleurs, teinté de gravité et de réalisme. « Je vous dis aujourd’hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous le relèverons ». Conscient des difficultés, honnête avec le peuple américain, il a poursuivi son propos avec l’optimisme et la détermination qui incombe à sa nouvelle fonction présidentielle : « En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l’espoir à la peur, la volonté d’agir en commun au conflit et à la discorde ».
Barack Obama est déjà entré dans l’histoire en devenant le 1er président noir des Etats-Unis d’Amérique, pays né avec l’esclavage et la ségrégation raciale. Vu la conjoncture, son principal défi sera de ne pas décevoir ses électeurs qui ont vu en lui un espoir, qui ont imaginé avec lui la Nouvelle Amérique. En effet, son atout maître réside aujourd’hui dans l’échec de son prédécesseur. Toutefois, il n’est pas le Messie et il a tenu à le rappeler lors son discours d’investiture. Avec son administration, Obama aura la lourde tâche de rétablir la voix du politique et donner tout son sens à son slogan phare de campagne, « yes, we can ».
Concours de la Fonction Publique : du nouveau en 2009
En octobre 2007, le premier ministre François Fillon décidait de porter au titre d’urgence nationale la rénovation de la fonction publique. Constatant un réel décalage entre le fait que la fonction publique soit le premier poste de dépenses de la Nation et le fait qu’une grande partie de ses agents aient le sentiment de ne pas être valorisés, le Premier Ministre a ouvert un grand débat national devant aboutir courant 2008 à des axes de réformes.
Selon un sondage SOFRES publié en 2007, 2/3 des Français jugent qu’une réforme de la fonction publique serait urgente dans notre pays. Aujourd’hui, les fonctionnaires français représentent environ 5 millions de personnes. Ce nombre est en constante augmentation depuis une quinzaine d’année environ. Mais depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de notre pays et de François Fillon à la tête du gouvernement, cette tendance semble s’inverser. En effet, 22.900 suppressions de postes étaient prévues dans le cadre du budget 2008.
Mais une étape supplémentaire a été franchie début 2008. Dès la fin du grand débat national, c’est-à-dire en juin 2008, Eric Woerth, ministre du Budget, et André Santini, secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, ont décidé d’une profonde réforme des concours de la fonction publique.
Cette réforme concernant l’accès aux concours de la fonction publique touchera environ 700.000 candidats. Ces candidats souhaitent faire carrière dans l’un des 500 corps de l’Etat et une partie seulement assurera le renouvellement des personnels de la fonction publique.
L’objectif de cette réforme, dont l’application est prévue dès janvier 2009, est de réduire le nombre de procédures et de limiter les épreuves à quelques grands concours professionnalisés.
La recherche des compétences professionnelles est devenue une priorité pour les promoteurs de cette réforme, car les savoirs académiques étaient devenus, à tort selon Corinne Desforges, rapporteur d’un rapport sur ce sujet en 2008, une priorité dans les exercices de sélection.
Selon cette dernière, l’Etat doit désormais recruter ses agents au lieu de les sélectionner comme cela était le cas jusqu’à maintenant.
La réforme décidée selon les conclusions du rapport de Corinne Desforges et de la consultation nationale qu’ouvrait en 2007 le premier ministre François Fillon prend effet dès maintenant par la modification des épreuves des trois concours de la fonction publique.
Le concours externe repose donc désormais sur deux épreuves au lieu de quatre auparavant. De plus, l’admission reposera sur un entretien de recrutement avec une mise en situation du candidat. Une épreuve de langue vivante s’ajoutera à cela.
Pour le concours interne et le 3ème concours, ils reposent désormais sur deux épreuves uniques : une épreuve écrite et un entretien d’admission.
Ce premier volet de réforme a pour principal objectif d’offrir à la fonction publique française une plus grande variété de profils et d’offrir à la Nation une meilleure diversité à l’image de la société actuelle. Mais l’objectif à moitié avoué de cette réforme est de procéder à une nouvelle sélection, certainement plus sévère, des candidats à la fonction publique, pour rejoindre l’objectif de baisse des effectifs et de baisse des dépenses promise par François Fillon.
Enfin, les auteurs de cette réforme ont invité leurs collègues du gouvernement à réformer les concours de leurs ministères. Car il s’agit d’un profond désir de Nicolas Sarkozy que de voir la culture du concours de l’administration totalement repensée : « si les épreuves restent académiques, il n’y aura pas de brassage, pas d’ouverture, ni de diversité ».
La fonction publique a désormais rendez-vous avec la France d’aujourd’hui, cela faisait longtemps qu’un tel engagement n’avait été pris dans notre pays.
Vers l’émergence d’éco-citoyens
Vers l’émergence d’éco-citoyens
A bien des égards, l’économie de marché est le pendant économique de la démocratie comme système politique. L’acteur en économie de marché qui détient le pouvoir est le consommateur car, comme le dit l’adage, « le client est roi ». Les entreprises, dont le but final est de faire du profit, n’ont qu’un seul moyen pour y parvenir : satisfaire leurs clients, elles sont donc en permanence à l’écoute de leurs envies et de leurs besoins.
Quel formidable levier de changement me direz-vous !
Sauf qu’il y a un « mais ».
Dans le système économique tel qu’il est aujourd’hui, l’information des consommateurs sur les produits qu’ils achètent est très largement insuffisante. Où a été fabriqué ce pull que je viens de m’acheter en solde ? « designed in France », et ce yaourt ? Aucune info sur l’étiquette. Une étude a montré qu’un pot de yaourt aux fruits pouvait parcourir 9000 km au cours de sa production !
Si le citoyen disposait d’autant d’information lors du vote que le consommateur lorsqu’il fait ses courses, nous pourrions avoir quelques surprises au moment des résultats !
Pour que l’économie de marché fonctionne de manière satisfaisante et pour que la concurrence ne se fasse pas exclusivement sur les prix, une bonne information du consommateur est requise. Cette information doit-être transparente, vérifiée et surtout visible.
Pour ce faire, une refonte de nos labels est sans doute souhaitable. Nous devons avoir des labels explicites et facilement identifiables. Ainsi, nous créerons les conditions d’une prise de conscience de l’importance de l’acte d’achat.
Aujourd’hui, l’information est peu lisible et il est donc très facile de se perdre dans la forêt de labels et autres sigles abscons : AB, PEFC,FSC, NF, … Qui sait précisément ce que ces quelques lettres signifient en terme de contrainte pour l’entreprise et de qualité pour le produit ?
Viens s’ajouter une profusion de labels que certaines entreprises, peu scrupuleuses sur l’honnêteté, s’accordent elles-même pour leurs grandes vertus. Ces « labels » très bien marketés ont même tendance à éclipser les labels certifiés bien peu mis en valeur.
Il faut, à mon sens, prioritairement réduire le nombre de ces certification. Par exemple, lorsque deux labels sont en concurrence, officialiser le label le plus exigeant et supprimer l’autre. Le label européen certifiant qu’un produit est issu de l’agriculture biologique est notamment sévèrement critiqué par les associations écologistes pour son laxisme comparativement au label français AB.
Supprimons aussi les labels et dénominations suffisamment vagues pour susciter la confusion dans l’esprit des consommateurs, du type « designed in France » ou « made in EU ». Revalorisons au contraire le « made in France » en le rendant à la fois plus visible et plus contraignant quand au cycle de production.
Deuxièmement, les labels créés de toute pièce par des entreprises devraient-être interdits au profit d’une évaluation faite par des associations, elles-mêmes approuvées l’État ou par l’État lui-même.
Il faut ensuite communiquer afin de transformer un sigle discret en marque aisément reconnaissable et aux valeurs clairement affichées, suivant l’exemple de Max Havelaar dans le commerce équitable, encore inconnu il y a seulement quelques années et très bien identifié aujourd’hui.
Voilà comment nous pourrons accompagner la volonté, de plus en plus affirmée, des consommateurs de retrouver un sens à l’acte d’achat, leur permettre d’exprimer leur sensibilité à des problèmes qui les touche en tant que citoyen et favoriser la mise sur le marché de produits plus éthiques.
Permettre aux consommateurs de choisir en connaissance de cause, c’est renforcer leur pouvoir d’influer sur la marche des entreprises, sur leurs pratiques et sur les produits qui leur seront proposés à l’avenir.
Si j’ai un vœu à formuler pour la refondation à venir du capitalisme, c’est que l’on étende le droit de vote des citoyen à la sphère économique et que l’on introduise ainsi un peu de politique dans le système de production de richesses.
Cette pédagogie est absolument nécessaire afin que les consommateurs d’aujourd’hui soient les éco-citoyens de demain. L’économie de marché, comme la démocratie, repose avant tout sur le choix, faisons en sorte que ce choix soit le plus éclairé possible et que l’on admette enfin que l’acte de consommation n’est pas seulement un acte économique mais également un acte politique et certainement un levier majeur pour faire évoluer les pratiques des entreprises vers plus d’éthique.
Réforme du lycée : blocage à gauche, concertation à droite !
Ce n’est pas un hasard si le Président de la République a chargé Richard Descoings, directeur de l’IEP de Paris, de mener la concertation autour de la réforme du lycée. Connu pour avoir réalisé des réformes sans précédent à Sciences Po, en révolutionnant le monde des grandes écoles par les procédures ZEP, M. Descoings aura pour mission de consulter les représentants du lycée afin de conduire la réflexion autour du lycée. Il s’agira, selon sa lettre de mission, «d’explorer librement et sans préalable toutes les pistes qui pourraient permettre à notre lycée général et technologique de devenir plus juste, plus attractif et plus performant». M. Descoings abordera ainsi « sans tabou » toutes les questions du lycée afin de mener à bien la concertation sur la réforme du lycée.
En se rendant sur le terrain pour écouter directement les élèves, « Richie » veut répondre aux inquiétudes des lycéens quant à leur avenir, ce qui devrait se conclure par un rapport final rendu en octobre. De ces consultations ressortiront des recommandations, jugées utiles, afin de :
- renforcer les élèves en difficulté,
- rééquilibrer la voie technologique par rapport à la voie générale, ainsi que les voies générales entre elles (L, ES et S),
- mieux préparer les élèves à l’enseignement supérieur en renforçant l’orientation.
Cette réforme du lycée menée par le ministre Darcos, personne ne saura dire qu’il la passera au forcing, puisqu’il démontre magistralement son ouverture et son professionnalisme. En la personne de M. Descoings, la réflexion devra trouver un accord durable dans l’intérêt des étudiants, et ce en dialoguant avec leurs représentants. Ainsi, le contraste est saisissant entre une gauche lycéenne qui bloque et une droite qui dialogue.
Voeux de Nicolas Sarkozy aux jeunes de l’UMP !
Bonjour à tous,
C’est avec un plaisir non dissimulé que je vous adresse les Voeux du Président de la République Nicolas SARKOZY, aux Jeunes Populaires !
C’est pour nous une chance, un honneur et une grande fierté de voir notre action reconnue. Derrière notre nouveau Secrétaire général Xavier BERTRAND et derrière le Président de la République, nous ferons tout ce qui est possible pour faire gagner la France. Je compte sur vous pour mobiliser dans vos fédérations, pour faire adhérer et pour porter haut les couleurs de notre mouvement !
Benjamin Lancar,
Président des Jeunes Populaires




