19 déc 2008

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Jeunes UMP
Les Jeunes de l'UMP

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Interview de Laurent WAUQUIEZ

Laurent WAUQUIEZ, Secrétaire d’Etat à l’Emploi, répond à nos questions :

Secrétaire d’Etat à l’Emploi n’est pas actuellement une mission facile. La crise économique touche de plein fouet les entreprises qui doivent parfois licencier. Dans ce contexte difficile, vous avez assuré très récemment que « la fusion ANPE / ASSEDIC » se fera rapidement.
Pour répondre aux interrogations des entreprises et des chômeurs sur ce sujet, présentez nous les avantages issus de cette fusion pour chacune des parties. Quels intérêts auront les entreprises et les chômeurs à cette fusion ?

L.W. : Il faut bien avoir conscience des enjeux que représente la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC, une réforme que les Gouvernements successifs avaient repoussée depuis 20 ans, faute de courage politique ! La réforme du service public de l’emploi, ca n’est pas une réforme de structure, consistant à mettre sous un même toit 2 services. C’est d’abord offrir à nos concitoyens un service plus performant, plus humain et plus personnalisé. Grâce à la fusion, les agents vont pouvoir passer plus de temps à accompagner le  demandeur d’emploi, ne pas se contenter de le gérer comme un chiffre dans une file d’indemnisation, mais comprendre où il habite, quelle est sa famille, et du coup pouvoir mieux l’aider. Dès le 1er janvier 2009, la fusion se traduira par une série d’améliorations très concrètes: simplification de l’entretien d’inscription ; un numéro de téléphone unique; un site internet commun ; des aides harmonisées pour tous les demandeurs d’emploi, indemnisés ou non ; de nouvelles aides à la mobilité.

Vous semblez tenir à cette réforme et avez envie de la mener rapidement à son terme. Mais il parait nécessaire de mener une phase de concertation avec notamment les personnels de l’ANPE. Quel en est le calendrier ? Quand cette fusion sera-t-elle effective ?

L.W. : Notre objectif est clair : au 1er janvier 2009, un demandeur d’emploi qui pousse la porte de Pôle emploi doit voir des changements concrets. Chaque mois, j’ai demandé à avoir d’un certain nombre d’indicateurs pour évaluer très précisément où on en est, par exemple la durée moyenne entre l’entretien d’inscription et l’entretien professionnel, quand s’élabore le projet professionnel. En matière de recherche d’emploi, chaque jour compte.

Enfin, au-delà de ces données statistiques, certes essentielles, je veux savoir comment les usagers ressentent une réelle amélioration du service. J’ai donc demandé à Pôle emploi de mettre en place un baromètre régulier de mesure de la satisfaction des demandeurs d’emploi et des employeurs. Quant à la concertation avec les représentants des agents, elle a été menée au niveau du ministère avant le vote de la loi, elle est poursuivie au sein des deux institutions tout au long de cette année et elle se poursuivra au sein de Pôle emploi.

Lors du dernier mouvement de grève, le personnel de l’ANPE était mobilisé à hauteur de 48 % selon la direction. Le principal mot d’ordre portait sur les craintes de cette fusion et sur les conditions de travail.
Qu’avez-vous dit à ces grévistes inquiets de la réforme que vous préparez et soucieux de leurs emplois ?
Comptez-vous les associer à votre démarche pour trouver le meilleur compromis ?

L.W. : Je suis très souvent dans les agences et je ne crois pas du tout que les agents soient opposés à la fusion. Par contre ce qu’ils veulent, c’est être écoutés. C’est précisément pour ça que j’ai entrepris la semaine dernière un Tour de France de l’Emploi de l’ensemble des régions. C’est un gros effort qui est demandé aux agents, mais je pense que ça en vaut la peine. Vous savez, la mise en place de Pôle Emploi, ce sont 45.000 agents concernés, avec 1.600 sites différents, je mets au défi une entreprise de mener si rapidement une fusion !

Vous menez un tour de France des régions pour présenter le Pôle Emploi, organisme résultant de la fusion ANPE / ASSEDIC.
Quels enseignements avez-vous pu tirer de vos rencontres ? Cela a-t-il modifié vos plans pour mener à bien cette réforme ?

L.W. : Ce Tour de France des régions, qui m’a conduit d’ores et déjà à Marseille, Montpellier, Rennes, Amiens, Belfort et Clermont-Ferrand, m’a surtout permis de mesurer la nécessité de la mise en place de Pôle Emploi dans une période économique très compliquée. Dans un tel contexte, c’est précisément maintenant qu’on a besoin d’un service public de l’emploi plus performant. Nous nous sommes donnés les moyens en termes d’effectif et de statut. Par contre, j’ai besoin d’un service public de l’emploi en ordre de marche, plus efficace, tout de suite, et là je ne ralentirai pas.

Vous faisiez part de manière publique et officielle de vos craintes et de votre scepticisme sur la crise que nous connaissons actuellement et notamment en termes de chômage. Sur quels éléments concrets vous appuyez-vous pour prévoir que la crise allait durer environ une année ?
Disposez-vous, avec le plan de relance de Nicolas Sarkozy et les réformes engagées par le gouvernement, des armes suffisantes et adaptées pour y faire face ?

L.W. : D’abord, en cette période de crise d’une ampleur que nous n’avions sans doute pas connu depuis les années 30, avoir un Président de la République aussi énergique à la manœuvre, je pense qu’on ne peut que s’en féliciter.
Dès le début de la crise, l’Etat a immédiatement réagi. L’urgence était de sauver les banques pour protéger l’épargne et les emplois des Français. L’Etat a tout de suite pris une série de mesures à cet effet. Cette forte réactivité a permis d’éviter le pire. En second lieu, le Président de la République a annoncé de mesures spécifiques en matière d’emploi : augmentation des contrats aidés, extension du contrat de transition professionnelle à 25 bassins d’emploi, meilleure indemnisation du chômage partiel. En la matière, il faut être pragmatique pour répondre à l’urgence, mais aussi poursuivre et accélérer le tempo des réformes structurelles engagées : la fusion, mais aussi la réforme de la formation professionnelle qui est pour moi un dossier clé. Enfin, il y a le plan de relance présenté par le Président à Douai et qui va réinjecter plus de 26 Mds d’euros, entièrement consacrés à l’investissement pour soutenir l’activité d’aujourd’hui tout en préparant la compétitivité de demain, avec des mesures fortes sur l’emploi, notamment une aide à l’embauche pour les entreprises de moins de 10 salariés et des moyens supplémentaires pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

Une question plus personnelle : comment devient-on secrétaire d’Etat à l’Emploi ?
Appréhendez-vous cette mission en ces temps difficiles ?

L.W. : Pour moi, cette fonction c’est d’abord l’aboutissement du travail de terrain que je fais en Haute Loire et de mon engagement politique : j’ai commencé à m’investir à l’UMP comme Jeune Pop, puis je me suis présenté aux élections législatives en 2004 et j’ai été élu député, à l’époque le plus jeune de l’Assemblée, où je me suis beaucoup investi sur les questions d’emploi. Le Président a souhaité identifier, au sein de la structure gouvernementale, un Secrétariat d’Etat à l’Emploi, et il m’a fait confiance en mars en me donnant la charge de cette mission, certes difficile en ces temps de turbulences économiques, mais passionnante car ce que nous faisons a un impact très direct et concret sur le quotidien de nos compatriotes.

C’est aussi le signe d’une nouvelle façon de faire de la politique : en faisant confiance à des Ministres ou Secrétaires d’Etat jeunes sur des dossiers clef, Nicolas Sarkozy a avant tout imprimé  la marque de la modernité à une vie politique française un peu poussiéreuse. Dans ce cadre, le rôle des jeunes UMP est essentiel : vous êtes aux avants postes du mouvement pour annoncer et expliquer les réformes. Mais vous devez être aussi le vivier de ces nouveaux talents, de cette nouvelle génération politique que notre mouvement doit être capable de promouvoir et de porter aux responsabilités. C’est un beau défi à relever !

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