C’est dans la salle Colbert, salle du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, que les jeunes de l’UMP Grandes Ecoles ont reçu deux invités de qualité pour discuter de l’intelligence économique : Bernard Carayon et Christian Harbulot. Le premier est député UMP du Tarn et auteur du rapport de 2003 « Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale », le second est co-fondateur et directeur de l’Ecole de Guerre Economique (EGE).
En 1994, le rapport Martre définit l’intelligence économique comme « l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques ». Elle se résume aujourd’hui plus facilement par une trilogie : la veille (acquérir l’information), la protection (conserver ses secrets) et l’influence (propagation d’informations et de normes de comportement).
Lors de cet événement, M Carayon a voulu revenir en priorité sur le rôle particulier et indispensable que pouvait jouer l’Etat dans la vie économique en général et sur ces questions d’intelligence économique en particulier. Le député du Tarn croit en la nécessaire main de l’Etat pour la régulation de ces marchés stratégiques que sont l’énergie, la défense, l’aéronautique, le spatial ou encore la santé.
Une politique publique d’intelligence économique comprend 4 aspects : la protection des intérêts des entreprises nationales, l’accompagnement des entreprises sur les marchés mondiaux, l’influence sur les organisations internationales (par rapport aux normes juridiques internationales) et le développement des outils de formation.
Pour M Harbulot, il existe trois catégories de puissances : celles qui cherchent à accroitre leur richesse, leur puissance au détriment des autres (Etats-Unis, Chine, Russie), celles qui œuvrent à préserver leur puissance (France), et celles qui subissent la puissance des autres. Selon le directeur de l’EGE, l’un des défauts majeurs que connait la France et qui a freiné le développement de l’intelligence économique est une théorie de la valeur fondée sur le secret. Ne pas partager l’information, c’est un trait culturel français lié à une histoire économique rurale de subsistance.
C’est face à une salle comble que ces deux spécialistes se sont exprimés sur ce sujet très technique mais plus jamais que d’actualité : les NTIC, les industries pharmaceutiques en Afrique, l’affrontement Airbus/Boeing… La crise financière actuelle doit être alors perçue comme une opportunité politique de mettre fin à plus de vingt ans d’idéologie du « tout marché » exacerbée par la vie financière américaine. Mais il faut cependant bien se rappeler que régler cette crise ne mettra pas fin à tous les problèmes mondiaux (sous-développement, sous-alimentation, accès à l’eau) et permettra d’ouvrir de nombreux débats.
