Après avoir détourné mai 68, le mouvement des jeunes de l’UMP s’en prend à… la révolution, et lance la campagne « nous sommes révolutionnaires ». Une tentative assumée d’occuper le terrain du MJS mais sans autre ambition que de surfer sur le discours de réforme sarkozien.

« Révolution », je répète ton nom
Après l’opération « 40 ans plus tard » grâce à laquelle l’équipe de Benjamin Lancar avait coupé l’herbe sous le pied du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) en s’appropriant l’anniversaire de mai 68, l’état-major fraîchement élu lançait jeudi 23 octobre un nouveau coup « d’ouverture » marketing sur le thème « la révolution, c’est réformer ». « On a trouvé un mot qui clashe tout de suite, se réjouit le président des Jeunes pop. Quand on en a parlé avec les militants, certains n’étaient pas d’accord mais c’est normal : quand Nicolas Sarkozy a parlé de « rupture », ça a aussi surpris ! »
Défoncer le PS, comme les aînés
En guest star et parrain de l’opération, Frédéric Lefebvre répandait sa bénédiction sur l’initiative des jeunes : « cette nouvelle campagne est très en phase avec ce que nous faisons en ce moment à l’UMP, se félicitait le très sarkozyste porte-parole du parti. Je veux leur dire bravo pour ce qu’ils ont fait : ils sont notre porte-avion dans les facs, dans les grandes écoles, dans la vraie vie… »

Sous les pavés, le vide politique…
Entre deux interviews où il brocarde le MJS, et notamment Antoine Détourné, son nouveau président « trop préoccupé par le Congrès de Reims pour se prononcer sur le RSA », le volubile président des Jeunes pop se laisse un peu déborder par son enthousiasme. « Ce sera quoi votre hymne révolutionnaire ?», demande un journaliste.
Réponse de Benjamin Lancar : «La Marseillaise, c’est un bon hymne révolutionnaire. Ou bien « J’irai au bout de mes rêves »».
Le journaliste, avec gourmandise : «Vous pouvez nous chanter ça ? » Et le jeune, très pop, d’entonner face pour la caméra le tube lénifiant de Jean-Jacques Goldman. «Faudra récupérer la vidéo pour la mettre sur le site Internet », glisse un permanent de l’UMP en souriant.
Reste à savoir si ces positions ne risquent pas de gêner les conservateurs dans les rangs du parti majoritaire. Une question loin d’être anodine quand le mouvement a pour objectif le recrutement avant janvier 2009 de 5000 adhérents en plus des 30000 qu’il revendique aujourd’hui. « On espère que ça marchera, confesse Benjamin Lancar à un journaliste. Ça dépendra du buzz, ça dépendra de vous ! »
Jeudi 23 Octobre 2008
